Une mise en examen peut en cacher une autre. Renaud Donnedieu de Vabres, ancien ministre de la Culture et conseiller spécial du gouvernement d'Edouard Balladur, a été une nouvelle fois mis en examen le 16 avril dans l'affaire Karachi. La justice le suspecte de recel d'abus de bien sociaux au préjudice de deux sociétés qui avaient conclu des contrats d'armements avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite en 1994. Le 15 décembre dernier, l'ancien ministre avait déjà été mis en examen une première fois pour complicité d'abus de biens sociaux par les juges d'instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke.

Des rétrocommissions ont-elles financé la campagne présidentielle de 1995 ?

Les magistrats tentent de déterminer si des rétrocommissions, alimentées grâce à l'intervention d'intermédiaires dans les contrats signés en 1994 avec le Pakistan (Agosta), et l'Arabie Saoudite (Sawari II) ont financé la campagne présidentielle de 1995 d'Edouard Balladur et le Parti Républicain du ministre de la Défense de l'époque, François Léotard. Renaud Donnedieu de Vabres avait d'ailleurs reconnu en garde à vue, avoir imposé des "informateurs" avant de se rétracter devant les juges.

Entendu depuis à plusieurs reprises par les juges, l'ex-bras droit de François Léotard a toujours affirmé n'avoir "aucun souvenir" de versement d'argent liquide au profit du Parti Républicain (PR) durant cette période, et notamment des 5 millions de francs versés, en espèces, à la banque italienne Fondo en contrepartie d'un prêt du même montant. Il avait tout de même été condamné en 2004 pour "blanchiment" mais la justice n'a jamais élucidé l'origine exacte des 5 millions de francs.