Les organisations étudiantes et lycéennes ne décolèrent pas. Jugeant que François Hollande n'a pas répondu à leur revendication d'une autre politique migratoire dans la foulée de l'affaire Leonarda, ils s'apprêtent à battre de nouveau le pavé. Une mobilisation qui inquiète Vincent Peillon. "Pas de violence, pas de blocus", a demandé lundi sur France Inter le ministre de l'Education nationale, assurant avoir entendu "leur émotion légitime". Pas sûr que cela suffise à calmer le président de la Fidl, Maximilian Raguet.

Trois semaines après l'expulsion de Leonarda, vous appelez à deux nouvelles journées de mobilisation mardi et jeudi. Entre-temps, les vacances sont passées par là. Pensez-vous parvenir à mobiliser ?
On s'attend à une forte mobilisation, car on a beaucoup travaillé pendant les vacances afin de sensibiliser les lycéens sur cette question. Tracts, réseaux sociaux... on a fait un gros travail en amont pour qu'ils s'organisent entre eux.

Vous estimez que François Hollande n'a pas répondu à vos attentes en matière de politique migratoire. Quelles sont-elles ?
En premier lieu, une loi qui donne un cadre très strict et qui permet à chaque lycéen ou personne engagé dans un cursus de scolarité jusqu'à l'université de rester en France. Quand la loi est mauvaise, il faut la changer. Bac ou non en poche, des papiers d'identité ne doivent pas être demandés pour faire des études. Et enfin, offrir une protection à la famille d'un jeune qui fait ses études en France, surtout s'il est mineur.

Un mineur dépend néanmoins de sa famille. Si Leonarda a été expulsée, c'est car la loi interdit de séparer un enfant de ses parents, auxquels on attribue l'autorisation de séjour.
C'est justement ce que nous dénonçons. Il ne faut plus qu'il y ait cette pression. Chaque famille ayant des enfants scolarisés en France doit pouvoir rester sur le territoire français.

Que pensez-vous de la circulaire transmise par Manuel Valls aux préfets et la proposition de François Hollande à Leonarda de revenir seule ?
Pour nous, c'est largement insuffisant. La circulaire, c'est juste pour faire joli. On ne va pas autoriser l'interpellation d'un élève dans son lycée, mais en l'occurrence on pourra le faire quand il sortira de chez lui le matin ? Et concernant l'offre de François Hollande, c'est incomplet et malsain de vouloir séparer un enfant de sa famille. C'est inconcevable qu'elle revienne sans les siens.

Leonarda ne serait pas selon vous la seule élève expulsée de France. Outre Khatchik Kachatryan, vous a-t-on fait remonter d'autres cas similaires ?
Actuellement, nous n'avons pas d'autres échos. Mais on sait que plusieurs lycéens ont reçu des Obligations de quitter le territoire français (OQTF). On reste extrêmement vigilants pour être sûr qu'il n'y ait aucune expulsion ces prochaines semaines.

L'opinion publique reste malgré tout majoritairement opposée à un retour de Leonarda et sa famille.
On ne ressent pas cette opposition de l'opinion. Au contraire, on nous encourage à manifester pour défendre nos convictions.