Pour se mettre dans le bain, Bernard Tapie pourrait lire ce matin Les Echos en se rendant à la brigade financière, où il est attendu pour s'expliquer sur le dossier de l'arbitrage. Le quotidien économique publie en effet un entretien de l'ancien patron du Crédit Lyonnais, la banque avec laquelle l'homme d'affaires était en litige suite à la vente d'Adidas en 1993. A la tête de l'établissement financier de 1993 à 2003, Jean Peyrelevade connaît bien le dossier, si bien qu'il a acquis des convictions.

"M. Tapie a réussi à installer sa vérité"

"La conviction qu'il s'agissait d'une conspiration", explique Jean Peyrelevade en évoquant l'affaire. Une affaire qui , selon lui, s'est accélérée après les "critiques de la Cour des comptes sur l’arbitrage qui ont, à mon sens, permis de renverser la situation, en déclenchant l’enquête pénale." L'ancien patron défend sa banque dans la gestion du dossier à l'époque. Ainsi, il rappelle les difficultés financières auxquelles était confronté Bernard Tapie avec un groupe cumulant des dettes se montant "alors à 1,5 milliard de francs pour, en face, quelques rares centaines de millions de francs d’actifs."

Appelant à l'annulation de l'arbitrage, évoquant "le saccage des finances publiques par l'Etat", Jean Peyrelevade estime aujourd'hui que "pendant toutes ces années, M. Tapie a réussi à installer sa vérité dans l’opinion publique, chez certains politiques et journalistes, et même à certains moments parmi les responsables du CDR, la structure chargée de gérer le passif du Crédit Lyonnais." Des convictions, en revanche, Jean Peyrelevade n'en n'a plus quand on évoque le cœur de l'affaire. A la question :"pourquoi, selon vous, le pouvoir ­politique a choisi la voie arbitrale en 2008 ?", l'ex-banquier répond : "Je ne sais pas. J’espère que les juges en trouveront la raison."