Coup de théâtre dans l'affaire Tapie-Lagarde. Selon Le Monde.fr, la brigade financière a perquisitionné tôt ce jeudi matin les domiciles de Bernard Tapie et du patron de France Télécom, Stéphane Richard. Les policiers ont agi sur commission rogatoire du pôle financier parisien qui conduit depuis septembre 2012 une information judiciaire pour "usage abusif de pouvoirs sociaux et recel de ce délit" au préjudice du Consortium de réalisation (CDR), la structure créée en 1995 afin de gérer le passif du Crédit lyonnais après sa quasi-faillite. Les enquêteurs tentent de déterminer dans quelles conditions Bernard Tapie a obtenu 403 millions d'euros, en 2008, au terme d'une procédure d'arbitrage du conflit entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais voulue par l'ex-ministre de l'Economie Christine Lagarde.

Sarkozy et Lagarde sous pression

La veille des deux perquisitions, les juges ont obtenu du parquet de Paris l'extension de leur saisine aux faits de "détournement de fonds publics" et de "faux", précise Le Monde.fr. Cette enquête est le pendant de l'instruction ouverte, en août 2011, par la Cour de Justice de la République, pour "complicité de détournement biens publics" et "complicité de faux", rappelle le quotidien, procédure qui vise explicitement l'actuelle patronne du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, ancienne ministre de l'Economie qui avait, via le directeur de son cabinet Stéphane Richard, donné son feu vert à un arbitrage privé, puis refusé d'exercer un recours contre la sentence alors que plusieurs spécialistes l'y encourageaient. Christine Lagarde sera prochainement convoquée par la CJR, sous un statut qui reste à déterminer (témoin assisté ou mise en examen), selon le quotidien.

Mais l'enquête pourrait également éclabousser Nicolas Sarkozy. Le juge Jean-Michel Gentil, chargé de l'affaire Bettencourt, a en effet révélé que, sur la période-clé 2007-2008, Bernard Tapie a été reçu à de nombreuses reprises par le président de la République au moment des faits, précise le quotidien. Le juge Gentil affirme également que Nicolas Sarkozy a rencontré plusieurs fois Pierre Mazeaud, l'un des trois arbitres choisis pour trancher le litige.