L'affaire avait suscité une vive émotion, allant jusqu'à tendre les relations entre la France et Israël. Le 16 septembre 2011 dans le centre-ville de Tel-Aviv, un puissant 4x4 occupé par deux Français avait fauché Lee Zeitouni, une jeune femme âgée de 25 ans, après avoir grillé un feu rouge. Violemment projetée, celle qui était professeur de sport avait perdu la vie après avoir heurté un second véhicule arrivant en sens inverse.

Eric Robic, 40 ans, a reconnu être au volant de la voiture au moment des faits et été mis en examen, mardi à Paris, pour homicide involontaire aggravé par un délit de fuite et non-assistance à personne en péril, passibles de 10 ans de prison et 150.000 euros d'amende. Son passager, Claude Khayat, 34 ans, est lui convoqué jeudi devant le juge. De quoi redonner espoir à la famille de la victime dans sa quête de justice, longtemps incertaine.

"Aucune trace de freinage"

Car quelques heures après l'accident, Eric Robic et Claude Khayat avaient sauté dans le premier avion pour Paris afin de se soustraire à la justice israélienne, la France n'extradant pas ses ressortissants. La justice française s'est finalement emparée du dossier après que les parents de la victime, qui souhaitaient un procès en Israël, se sont résignés à déposer plainte dans l'Hexagone, l'été dernier.

L'enquête, menée par les autorités israéliennes avant d'être reprise en France, s'est révélée accablante pour les deux hommes. "Aucune trace de freinage" n'a ainsi été observée sur les lieux du drame, selon le dossier auquel a eu accès Le Figaro. Les procès-verbaux sont également à charge, un passant ayant notamment raconté que "deux hommes sont sortis du véhicule, ont regardé l'endroit du choc sur leur véhicule et sont repartis aussitôt". Sans jamais chercher à porter secours à leur victime.

Un excès de vitesse en France, deux mois après l'accident

De retour en France, le duo aura eu bien du mal à se faire oublier. Claude Khayat a été contrôlé à 156 km/h sur une autoroute varoise en décembre 2011 et Eric Robic arrêté en possession d'un pistolet, pas plus tard que le 22 août dernier.