Quel est le rapport entre un drapeau basque, une paire de seins, Peio et un appartement en sol laqué ? A première vue, aucun. Mais un agent immobilier de l'agglomération Bayonne-Anglet-Biarritz y a vu un mélange détonnant pour appâter le chaland. Résultat ? Une publicité qui provoque l'ire de certains indépendantistes basques. "Spéculation et sexisme… Le Pays basque et les Femmes ne sont pas à vendre. Si vous voyez cette affiche, arrachez-la", a tweeté lundi le mouvement Autonomia Eraiki.

Placardée sur plusieurs emplacements de la côte basque, l'affiche de la discorde dévoile un joli brin de femme, poitrine suréquipée, vêtue d'un simple soutien-gorge et d'un foulard de festayre. Dans sa main, un drapeau basque en forme de cœur, accompagné de ce slogan : "L’immobilier, ça fait rêver (…) Par contre, pour les visites, c’est Peio (prénom masculin basque, ndlr) qui vous emmènera".

"Pub machiste"

Des "affiches scandaleuses" pour "l'image de la femme" selon Ttotte Etxebeste, porte-parole du mouvement indépendantiste, interrogé par le journal Sud Ouest qui a révélé l'affaire. "Le message est dégradant, sexiste et machiste. Les affiches sont aussi scandaleuses car elles utilisent l’ikurriña, le drapeau basque, alors que l’on connaît les difficultés que rencontrent aujourd’hui les gens pour se loger au Pays basque." Le quotidien rappelle qu'Autonomia Eraiki dénonce régulièrement la spéculation immobilière et la pénurie de logements au Pays basque.

Contacté par Metronews, Gilles Defoly, gérant de la société pointée du doigt, Defoly Immobilier, se dit "surpris" par un tel remue-ménage. "C'est franchement dommageable. Il s'agit d'une vieille publicité (toujours visible sur leur site Internet, ndlr) qui a été lancée durant les Fêtes de Bayonne. Nous avons axé notre communication sur l'humour décalé. Mais l'humour n'est visiblement pas donné à tous". Et le dirigeant de se défendre de tout sexisme. "Nous employons 40 personnes dont une majorité de femmes qui ont validé la publicité, assure-t-il. Nous voulions simplement faire sourire en ces temps un peu moroses." A défaut d'avoir visé juste, l'objet du scandale lui a permis un bon coup médiatique.