D'après le dernier bilan, revu à la baisse, un attentat suicide a fait au moins 17 morts et 43 blessés samedi 14 juillet, dans la province de Samangan, au nord de l'Afghanistan, parmi les personnes qui participaient à une fête de mariage.
Un responsable politique apparemment visé...
Pour l'heure, l'attaque n'a pas été revendiquée et Zabiullah Mujahid, un porte-parole des talibans, joint par l'AFP, a assuré "ne pas être au courant" d'une quelconque opération dans le nord, et en tout cas pas dans cette région relativement épargnée par la guérilla que les insurgés mènent contre les forces gouvernementales et l'Otan.
Quoi qu'il en soit, à l'évidence, le kamikaze n'a pas agi au hasard. La mariée était en effet la fille d'Ahmad Khan, un parlementaire influent, qui figure parmi les victimes entre autres personnalités, notamment le chef des renseignements du Samangan.
Peut-être plus de vingt morts...
Dans un premier temps, Lal Mohammad Ahmadzai, porte-parole des forces de sécurité afghanes dans le nord du pays, avait fait état de 22 morts et d'une grosse centaine de blessés, bilan que la présidence a donc révisé, mais qui reste très incertain. Selon ce responsable, le kamikaze aurait déclenché sa charge précisément au moment où il donnait l'accolade au père de la mariée, Ahmad Khan.
Le bilan, dramatique, aurait pu être plus lourd encore, car l'explosion s'est produite à l'entrée du palais de mariage, où généralement des centaines, voire des milliers d'Afghans affluent pour les célébrations nuptiales. Depuis l'entrée de la bâtisse de deux étages, un photographe de l'AFP décrit une scène de chaos, avec des turbans, des chaussures et autres vêtements épars et maculés de sang.
Un chef de guerre devenu député...
Dans un communiqué, le président Hamid Karzaï a "fortement condamné" cet acte terroriste et affirme qu'"encore une fois, les ennemis de l'Afghanistan ont tué des gens innocents et un membre du Jihad, qui par ses efforts voulait ramener l'unité dans le pays". En l'occurrence, par Jihad, il faut ici entendre la première guerre d'Afghanistan, contre les Soviétiques.
Pendant les décennies d'affrontements armés qui ont ravagé le pays, Ahmad Khan fut en effet un chef de guerre important. Ce n'est que l'an dernier que, dans un Etat ethniquement morcelé, cet Ouzbek était entré au parlement.
Hier déjà, une autre figure politique afghane avait trouvé la mort dans la province du Laghman, non loin de Kaboul. Hanifa Safi, directrice des affaires féminines dans ce secteur, a été la cible d'une bombe fixée sous sa voiture. L'attaque n'a pas plus été revendiquée, mais les autorités locales l'imputent aux talibans.
3.000 civils tués en un an...
Il est vrai que depuis fin 2001, quand la coalition internationale, emmenée par les Etats-Unis et l'Otan, a chassé les talibans du pouvoir, les bombes artisanales et les attentats suicides constituent leur arme de prédilection et presque une signature dans la guerre qu’ils mènent contre le gouvernement afghan et les forces étrangères.
Des militaires de l'ISAF, notamment français ont ainsi été tués, des responsables afghans aussi, mais de fait, c’est la population civile qui a payé le plus lourd tribut, avec pour la seule année 2011, plus de 3.000 victimes selon l'ONU. Un triste record, de mauvais augure avant le retrait international à l'horizon 2014.
















