Il s'agit désormais de mettre fin aux violences sociales et syndicales qui endeuillent l'Afrique du Sud. Un an jour pour jour après la fusillade policière à la mine de platine de Marikana (nord) où 34 personnes ont perdu la vie et 78 autres ont été blessées, le pays a commémoré ce tragique événement vendredi. Toute la journée, les chansons, prières et discours sur le thème du "plus jamais ça" se sont multipliés, preuve du traumatisme provoqué dans le pays par la pire fusillade policière de l'histoire sud-africaine depuis la chute du régime ségrégationniste de l'apartheid en 1994.

Peu après 16 heures, quelque 10 000 personnes, des mineurs et leurs familles, se sont rassemblées sur le lieu même de la fusillade à l'appel des Eglises et du syndicat AMCU, à l'origine de la grève sauvage de 2012. Tous ont observé une minute de silence, juste après la lecture solennelle des noms des victimes.

Peu d'améliorations

Mais l'organisation même des commémorations, boycottées par le principal syndicat minier, NUM, et par le parti au pouvoir, ANC (Congrès national africain), a démontré que les clivages et les racines de la violence restaient intacts. Autour de la mine, les rivalités syndicales qui ont mis le feu aux poudres en 2012 sont loin d'être éteintes. Les exemples ne manquent pas : plusieurs militants ont été tués depuis un an, la dernière victime en date étant une responsable du rival de l'Amcu, le grand syndicat des mines NUM, abattue lundi devant son domicile.

En début d'après-midi, Lonmin, la compagnie britannique qui exploite la mine de platine de Marikana - située dans la "ceinture de platine de Rustenburg", à une centaine de kilomètres au nord de Johannesburg - a exprimé ses regrets, promettant de continuer à soutenir les familles des victimes. "Tous les jours nous ressentons les conséquence de cette tragédie", a déclaré le nouveau PDG de la société depuis un mois, Ben Magara. "Autant de vies n'auraient pas dû être perdues (...) en tant que nation, nous devons apprendre que cela n'aurait pas dû arriver et que cela ne doit plus jamais arriver".

De leur côté, les ouvriers ont du mal à y croire. "C'est un moment très douloureux. Il y a un an beaucoup de nos camarades sont morts et depuis nous n'avons pas vu de hausses de salaire. Nous avons l'impression que nos frères sont morts pour rien", a confié Christopher Duma, un mineur qui travaille depuis 28 ans à Marikana. Avant de déplorer : "Et la violence est toujours aussi forte dans la région".