Comme à Lille, un bar gay de Bordeaux a été le théâtre mercredi soir d'une agression. Vers 1h50, un client du Go West, situé à deux pas de la mairie de Bordeaux, a reçu un coup de crosse d'arme de poing, a indiqué la préfecture de Gironde à Metro.

Les agresseurs, deux individus cagoulés, ont blessé le client à l'extérieur de l'établissement. Ils sont ensuite entrés dans le bar, où des verres et bouteilles ont été cassés, avant de prendre la fuite. Si le caractère homophobe de cette agression n'a pas encore été prouvé, son déroulé et la tenue des agresseurs le laisse facilement imaginer. L'incident a eu lieu quelques heures à peine après les manifestations parallèles des pro et anti-mariage pour tous à Bordeaux.


Manuel Valls dénonce le "climat nauséabond" d'homophobie

"Si le caractère homophobe de l'agression est confirmé, la justice en tirera les conclusions", précise la préfecture. L
'enquête a été confiée à la brigade des violences de la sûreté départementale. Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été immédiates, s'émouvant d'une nouvelle agression de ce type dans le contexte tendu de l'examen en dernière lecture du projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui a tenu jeudi une réunion avec l'ensemble des services de police et de gendarmerie pour renforcer les dispositifs de sécurisation des manifestations, a lancé ensuite un "appel à la responsabilité de tous". "Le droit de manifester est constitutionnel", a-t-il rappelé, tout en fustigeant un "climat nauséabond" : "Il ne peut y avoir de violences" ni "de menaces de mort" ou de "discours de haine raciale et d'actes homophobes". Le président François Hollande a lui-même dénoncé jeudi les actes "homophobes" et "violents" rappelant qu'aucune manifestation ne devait "dégénérer".