Pourquoi est-il important de suivre les auteurs de violences conjugales ?
Si on ne veut pas que ces hommes recommencent, c'est une nécessité. C'est important par rapport aux victimes, si ce n'est plus avec elle, ce sera avec une autre. La sanction ne suffit pas à arrêter le processus violent. Tôt ou tard, il récidivera.

Ces hommes font-ils eux-mêmes la démarche de se soigner ?
Pour une moitié, c'est une obligation de soins. Pour l'autre, ce sont des hommes qui ont fait la démarche parce que leur femme est prête à les quitter. Pour éviter de la perdre, ils acceptent de consulter. On leur propose des groupes de parole ou des thérapies individuelles.

Se rendent-ils comptent de leur violence ?
Oui mais ils ne se rendent pas compte jusqu'à quel point ça fait violence à l'autre. En général, ils sont tous d'accord sur le fait qu'ils n'auraient pas dû être violent. Mais ils légitiment leur geste. Pour eux, c'est justifié, ce n'était pas gratuit, c'est parce qu'elle a fait ça ou s'est comportée de telle manière… C'est à cause d'elle.

Existe-t-il un profil "homme violent" ?
Attention, je fais une distinction très nette entre les "hommes violents" et les "hommes auteurs de violences". Nous suivons des auteurs de violences, les premiers ayant une structure psychique particulière. Les deux grandes difficultés qui apparaissent, c'est le profil narcissique, l'estime de soi qui est le plus souvent en faillite et la question de la relation à l'autre dans le sens de sa dépendance. Souvent, ils sont dans un mode de dépendance infantile, archaïque. L'autre devient un objet de besoin et non de désir. Toute situation - elle est en retard (…) - va être vécue comme un abandon. Et entraîner les violences.

Obtenez-vous des "résultats" significatifs ?
Oui. Ça va de la simple prise de distance jusqu'à la personne qui va complètement changer sa relation aux autres. Et là, ils parviennent à sortir de la violence.