Le doute planait, il est désormais dissipé. Alors que François Hollande avait annoncé le 23 mars dernier la mort de l'Algérien Abdelhamid Abou Zeid lors de combats menés fin février dans le massif montagneux de l'Adrar des Ifoghas, au Mali, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a confirmé dimanche le décès de l'un de ses chefs dans un communiqué à l'Agence Nouakchott information (ANI).

Sans préciser de date, Aqmi indique qu'Abou Zeid et un autre chef d'unité combattante, le Mauritanien Mohamed Lemine Ould El-Hassen, également connu sous le nom d'Abdallah Al-Chinguitty, sont "morts sur le champ de bataille en défendant la Oumma (communauté musulmane) et la charia islamiques (loi islamique)" dans le nord du Mali.

Stratège et bourreau

Abou Zeid, de son vrai nom Mohammed Ghdiri, était considéré comme l'un des chefs les plus radicaux d'Aqmi et s'était fait une spécialité de la prise d'otages. En 2003, il avait fait irruption sur la scène djihadiste en participant à l'enlèvement de 32 touristes européens dans le sud de l'Algérie et était devenu au fil des ans l'émir des zones sud-sahariennes, se taillant la réputation d'un stratège froid et cruel. Deux exécutions lui sont notamment attribuées : celle du Britannique Edwin Dyer, égorgé en 2009, et du Français Michel Germaneau, en 2010.

Dans son communiqué intitulé "condoléances et félicitations", Aqmi met en garde la France contre "sa réjouissance de la mort de nos héros". L'organisation terroriste estime que Paris en "subira la conséquence le plus tôt possible si Dieu le veut" alors que depuis janvier, une opération militaire franco-africaine -Serval- est en cours pour chasser des groupes jihadistes du nord du Mali, investi pendant plusieurs mois en 2012.