Un non pas vraiment franc mais suffisant pour invalider le référendum. Les électeurs haut-rhinois ont enterré dimanche le projet de fusion inédite du conseil régional d'Alsace avec les conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. Ils ont voté massivement contre, selon les résultats partiels du référendum régional. Sur les 98% des bulletins dépouillés, le non a recueilli plus de 55% des suffrages exprimés dans le Haut-Rhin, dans un contexte de très faible mobilisation des électeurs.

Un "grand gâchis"

Au contraire, dans le Bas-Rhin, le oui l'a emporté par près de 67% des voix, en dehors de Strasbourg, dont les bureaux de vote fermaient à 20 heures. Pour faire passer le projet, il fallait que les votes positifs représentent plus de la moitié des suffrages et au moins 25 % des électeurs inscrits dans chacun des départements.

"Quand on a des débats sur les questions institutionnelles, ça n'intéresse pas nos concitoyens. Quand on vote pour une personne ou un parti, ça intéresse davantage", a commenté le président (UMP) du conseil général du Bas-Rhin, Guy-Dominique Kennel. De son côté, le président du conseil régional d'Alsace, Philippe Richert (UMP), a déploré un "grand gâchis". Avant d'estimer que "l'impact des extrêmes" et le climat politique national expliquaient l'échec du projet de fusion qu'il appelait pourtant de ses voeux. Ces résultats montrent les craintes des électeurs du Haut-Rhin de voir passer leur département dans le giron du Bas-Rhin et de sa capitale, Strasbourg.