En trois ans, le nombre de malades a progressé de 14 % en France. Vieillissement de la population, progrès du dépistage... l'importante hausse du nombre de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et autres démences (des affections regroupées sous l'acronyme MAAD (sic)) n'est pas sans explications. Les chiffres restent néanmoins impressionnants, mettant une nouvelle fois sous les projecteurs le poids considérable de ces maladies pour la société.

D'après l'Inserm (l'Institut national de la santé et de la recherche médicale) elles étaient même, en 2008, la quatrième cause de décès après les tumeurs, les pathologies cardiovasculaires et les accidents, progressant de près de 72 % depuis 2000. Or, si leur prise en charge s'est améliorée depuis la priorité qui leur a été accordée par le précédent gouvernement, les MAAD constituent plus que jamais en France, ainsi que dans tous les pays développés, un véritable enjeu de santé publique.

Une situation et des prévisions inquiétantes

À partir de 85 ans, c'est en effet une femme sur quatre et un homme sur cinq qui sont touchés. Quant aux hospitalisations, elles ont fait un bond de 23 % sur la même période, tout comme la mortalité liée à la maladie, en hausse de 13,9 %. En 2010, près de 55.000 personnes sont ainsi décédées des causes d'une MAAD.

Et ça ne va pas aller en s'arrangeant. L'InVS estime qu'en 2010, l'Hexagone comptait déjà entre 750.000 et un millions de personnes atteintes : une fourchette obtenue en extrapolant les résultats d'études françaises et européennes et en prenant en compte le fait que près de 50 % des cas échapperaient encore au diagnostic. Or les projections dans le futur ne sont guère rassurantes : en 2030, selon les hypothèses envisagées, ce seraient entre 1,29 et 1,40 million de personnes qui devraient être touchées.

L'effort lancé par le plan Alzheimer 2008-2012, qui avait alloué 1,6 milliard d'euros au financement de 47 mesures plus ou moins mises en oeuvre, doit donc être poursuivi afin de mieux prendre en charge les malades et leurs aidants, ainsi que pour financer la recherche. À ce jour, si les équipes françaises sont mieux reconnues au plan international en raison d'avancées importantes dans la compréhension de la maladie, il n'existe encore en effet aucun traitement efficace contre la maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées. Des pistes se profilent cependant, comme la détection précoce via un test spécifique ou une prise de sang par exemple.