Perte de mémoire, changement d'humeur, problème de langage... voilà ce à quoi sont confrontés les patients les plus gravement atteints par la maladie d'Alzheimer. Aux Etats-Unis, des chirurgiens de l'hôpital Johns Hopkins ont eu l'idée de ralentir les symptômes de la maladie, sans l'aide de médicaments.

Pour cela, ils expliquent dans un communiqué s'être inspirés de la méthode de stimulation cérébrale profonde (SCP), utilisée pour lutter contre les tremblements de la maladie de Parkinson. Ainsi, l'équipe médicale a implanté pour la première fois un pacemaker dans le cerveau d'un patient atteint d'Alzheimer.

Un essai clinique en cours

Ce stimulateur, d'habitude cardiaque, a pour but de ralentir le déclin cognitif, c'est-à-dire tout ce qui a trait aux fonctions de l'esprit : perception, langage, raisonnement, mouvement et surtout mémoire. Pour ce faire, des fils implantés de chaque côté du cerveau et fixés au pacemaker envoient des impulsions électriques pour lutter contre la dégénérescence neuronale.

Au total, il est prévu qu'une quarantaine de patients bénéficient de ce dispositif dans le cadre d'un essai clinique d'ici fin 2013. Pour la moitié d'entre eux, les pacemakers s'activeront dans les deux semaines après l'opération, tandis que dans le deuxième groupe ils resteront inactifs.

Efficace contre Parkinson

L'espoir de cet essai est d'autant plus important que dans le cadre de la maladie de Parkinson, la SCP – utilisée sur 80 000 personnes ces 15 dernières années - a permis de réduire significativement les mouvements involontaires et donc la consommation de médicaments.

En France, près de 880 000 personnes sont atteintes d'Alzheimer selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Un chiffre qui devrait atteindre les 2 millions d'ici 2020. À ce jour, aucun traitement n’est véritablement efficace pour enrayer cette maladie.