Amélie et ses parents avaient attaqué l'Etat au nom du "droit à la vie". La justice leur a donné raison lundi. L'Agence régionale de santé d'Ile-de-France devra en effet trouver à la jeune femme, lourdement handicapée, une place dans un institut spécialisé. Une décision qui pourrait faire date, les cas précédents n'ayant obtenu jusque-là que des dommages et intérêts.

"Situation d'urgence"

Amélie Loquet, 19 ans, est atteinte du syndrome de Prader-Willi, une anomalie génétique rare. Elle souffre également de troubles autistiques et envahissants du développement obligeant sa mère et son père à la surveiller 24 heures sur 24. Ils avaient sacrifié leur vie professionnelle et sociale l'année dernière pour s'en occuper. A sa majorité, Amélie avait dû quitter l'institut médico-éducatif qu'elle fréquentait et retourner chez ses parents. Devant le tribunal administratif de Pontoise, ils avaient expliqué leur "épuisement psychologique" et l"isolement" de leur enfant, privé aujourd'hui de relations sociales.

"C'est une décision importante qui place l'Etat devant ses responsabilités et qui répond bien à la situation d'urgence des personnes handicapées", a commenté ce lundi auprès de l'AFP Patrice Tripoteau, directeur général adjoint de l'Association des Paralysés de France. Plus d'une dizaine de milliers d'enfants et d'adultes chercheraient un hébergement spécialisé en France. En vain. La mère d'Amélie espère désormais que cette décision sera suivie d'effet. L'Etat a quinze jours pour lui trouver une place, injonction assortie d'une astreinte financière de 200 euros par jour de retard.