"Mon dieu, je n'ai pas envie que cet homme-là soit aux commandes d'un avion". Quand il reçoit Andreas Lubitz dans son cabinet début 2015, ce médecin est face à un jeune homme "peu sûr de lui", "qui donnait l'impression d'être sous pression". Un avis partagé par les nombreux praticiens qui ont accueilli en l’espace de quelques semaines celui qui allait précipiter le 24 mars dans les Alpes l’A320 de la Germanwings.

A LIRE AUSSI >> Crash de l’A320 : que sait-on d'Andreas Lubitz ?

C’est en tout cas ce qui ressort des nombreux rapports médicaux que Le Parisien a pu consulter. Selon le quotidien, le pilote va en effet consulter une trentaine de praticiens entre janvier et mars. En cause : des problèmes de vue. Un voile obstrue son champ de vision et un halo se forme autour des points de luminosité, poussant le jeune homme a enchaîner les rendez-vous avec des ORL, des ophtalmologues et des généralistes. En vain.

"J'ai peur de devenir aveugle"

Au fil des consultations, les médecins découvrent ainsi que les problèmes d’Andreas Lubitz se trouvent avant tout dans sa tête. Sauf que devant son psychiatre,  il confie se sentir "mal à l'aise et incompris" face à l'approche de la psychologie. Celui qui ne dort plus que deux heures par nuit est obsédé par ses troubles de la vision : "(...) Il me faudrait d'urgence de l'aide pour dormir (...) Si je n'avais pas ce problème aux yeux, tout irait bien".  "Comme j'ai peur de devenir aveugle et que je continue à faire une fixation sur mes yeux, je ressasse cette idée sans cesse et le stress augmente", écrit-il d'ailleurs dans un mail adressé, le 10 mars 2015, à un psychiatre.

Le verdict des médecins tombe : le jeune homme souffre de "psychose menaçante". Deux praticiens vont alors lui prescrire un arrêt de travail. Des arrêts que les enquêteurs retrouveront ensuite chez lui, déchirés et jamais transmis à son employeur, quelques jours après le crash.

A LIRE AUSSI >> Crash de l'A320 : le secret médical remis en question