La campagne électorale allemande était critiquée pour son manque de débat. A quatre semaines des législatives, la question grecque vient considérablement la pimenter. Angela Merkel, bien placée pour décrocher un troisième mandat, avait été mise dans l'embarras la semaine dernière : son ministre des Finances, Wolfgang Schaüble, avait admis que la Grèce aurait besoin d'un troisième plan d'aide. Pas du meilleur effet alors que l'électorat d'outre-Rhin rejette en bloc tout nouveau coup de pouce à l'Europe du sud en difficulté.

L'opposition sociale-démocrate n'a alors pas manqué l'occasion d'accuser le gouvernement de reporter à l'après-scrutin une décision susceptible de frapper au portefeuille les Allemands. Angela Merkel a "distribué des somnifères et dissimulé le fait que la stabilisation de la zone euro aurait un coût", a ainsi taclé son adversaire SPD, l'ex-ministre des Finances Peer Steinbrück.

Le débat de dimanche promet d'être agité


La riposte de la chancelière est musclée. "La Grèce n'aurait jamais dû être admise dans la zone euro", vient-elle d'affirmer au cours d'une réunion électorale. Selon les images des télévisions allemandes diffusées mercredi, Angela Merkel a accusé son prédécesseur, Gerhard Schröder, d'avoir pris une décision "fondamentalement erronée" en acceptant en 2001 que le pays rejoigne la monnaie unique. Samedi, elle avait déjà attaqué le SPD sur ce thème : "Ce n'est pas à ceux qui ont admis la Grèce dans la zone euro de nous dire qu'aujourd'hui nous avons des problèmes avec la Grèce", avait-elle asséné.

Ce bras de fer devrait encore s'intensifier dans les jours à venir, alors qu'Angela Merkel se prépare à affronter Peer Steinbrück dans un débat télévisé dimanche. Il a d'ores et déjà annoncé qu'il lui demanderait des explications sur la question grecque.