Coup de filet antiterroriste à Albi. Les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), appuyés par des hommes du Raid, sont intervenus mardi matin à l'aube à Albi (Tarn). Ils ont interpellé trois suspects, deux hommes et une femme, soupçonnés d'appartenir à une cellule jihadiste liée à la Syrie. Cette cellule, suspectée de préparer des "actions violentes", selon une source policière, semblait être active sur Albi et Toulouse (Haute-Garonne).

Selon les premiers éléments de l'enquête, deux des trois suspects sont revenus en avril et en mai d'un séjour de trois mois en Syrie. Parmi ces deux personnes, l'une pourrait être un recruteur de candidats au jihad susceptibles de partir combattre en Syrie.

800 jeunes concernés par le plan anti-jihad renforcé

Ces interpellations, menées dans le cadre d'une commission rogatoire ouverte en septembre dernier par un juge antiterroriste parisien, interviennent peu de temps après la présentation d'un plan gouvernemental anti-jihad renforcé, visant notamment les départs vers la Syrie. Un pays rongé depuis plus de trois ans par une guerre civile meurtrière.

Les mesures prises par le gouvernement concernent entre autres près de "800 jeunes (…) déjà partis sur le théâtre des opérations jihadistes en Syrie – c'est le cas de 300 d'entre eux –, soit (ayant) émis le souhait d'y aller", précisait début juillet le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Mardi, ce dernier, en visite à Marseille, a réaffirmé sa détermination "à ce que nous puissions éviter les départs et démanteler les filières de départ". "Il appartient à la justice de poursuivre les enquêtes pour neutraliser ceux qui sont engagés sur le théâtre des opérations", a-t-il ajouté sans autre commentaire.