Pour éviter le "burn-out généralisé", les médecins urgentistes ruent dans les brancards. "A partir de mardi, au lieu de rester pendus au téléphone pour tenter de trouver un lit aux patients, ils se concentreront sur leur cœur de métier : soigner", explique à metronews Marc Giroud, le président du syndicat Samu-Urgences de France. Objectif : pousser les directions des hôpitaux à s’engager dans une politique globale d’organisation et de gestion des lits.

"Cette tâche quotidienne n'est pas prévue dans les missions de départ des urgentistes mais elle occupe 30% de leur temps, ce n'est plus possible", déplore Marc Giroud. Un problème qui serait à l'origine des nombreux maux des urgences : malades allongés dans les couloirs, médecins débordés, attente interminable...

"Réorganiser en profondeur"

Fin septembre, un rapport sur la gestion des lits d'hospitalisation avait été remis à la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Elle avait alors annoncé la création de services chargés exclusivement de gérer les lits pour 162 établissements (sur 600). "C'est bien mais il faut aller plus loin" font valoir les syndicats qui réclament une "réorganisation en profondeur pour tous". A savoir la désignation d'un référent dans chaque établissement pour les urgences et la création d'une cellule gérant les flux d'hospitalisation 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Des solutions simples à mettre en œuvre et qui, selon les syndicats, ont déjà fait leurs preuves.

En filigrane, les médecins urgentistes pointent du doigt ce qu'ils appellent la "maltraitance institutionnelle du patient". "Comment surveiller et soigner correctement un malade dans un couloir alors que vous êtes tiraillé entre ceux qui arrivent, ceux qu'il faut gérer ?", interrogent-ils. L'année dernière, 18 millions de Français ont poussé la porte des urgences. Le désengorgement de ce service est bel et bien devenu un enjeu de santé publique.