Il est le premier socialiste à demander publiquement le départ de Jean-Marc Ayrault. Effet garanti. L'interview de Malek Boutih publiée par Le Parisien, dans laquelle le député de l'Essonne estime qu'il faut "remplacer le Premier ministre d'urgence", suscite un flot de commentaires mardi. L'ancien président de SOS racisme n'en est pas à son coup d'essai en matière de déclarations choc et de tacles appuyés à ses camarades.

La semaine dernière déjà, il s'en était pris à Jean-Marc Ayrault en lui reprochant de ne pas avoir assez "protégé" Christiane Taubira face aux attaques racistes dont elle a fait l'objet. Une critique de l'exécutif dont il s'est fait une spécialité, qu'il dénonce "une décision incongrue" de François Hollande, "qui décide de tout et pour tout", dans l'affaire Leonarda, ou qu'il mette en garde dès l'an dernier le chef de l'Etat, "cerné d'énarques", contre le "danger de l'isolement". L'élu de 49 ans avait pourtant soutenu le Président dès la primaire PS.

"L'irresponsabilité à son comble"

Mais c'est avant 2012 que Malek Boutih a forgé sa réputation de franc-tireur. Souvent accusé au PS d'être "Sarko-compatible" – il s'est vu plusieurs fois proposer un ministère sous le précédent quinquennat - celui qui critiquait un parti "bunkerisé" était notamment sorti du rang début 2009, alors qu'il était membre du bureau national, pour éreinter le plan contre-plan de relance de Martine Aubry. "Régression" reprenant "des recettes usées", avait-il lancé. "Que Malek Boutih choisisse son camp", lui avait alors lancé le secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme Pouria Amirshahi.

Une nouvelle fois mardi, Malek Boutih s'attire les foudres de ses camarades. Deux membres du gouvernement ont déjà réagi à ses propos sur Twitter. Michèle Delaunay, ministre déléguée aux Personnes âgées, a dénoncé de bon matin "l'irresponsabilité à son comble" du député. "N'est-ce pas le PS qui devrait se passer de Malek Boutih d'urgence ?", s'est ensuite interrogé son collègue des Transports, Frédéric Cuvillier. Christophe Castaner, député PS des Alpes-de-Haute-Provence, a de son côté estimé que le socialiste ne savait "manifestement que gagner contre son camp".