Désormais, vous regarderez les méduses d'un autre œil. En effet, elles pourraient nous rendre tous immortels. Du moins, c'est ce que pensent les scientifiques qui ont découvert la Turritopsis nutricula (famille des hydrozoaires). “Lorsque nous aurons compris les mécanismes de son rajeunissement, nous pourrons évoluer et devenir nous-mêmes immortels”, suggère le docteur Shin Kubota, de l'université de Tokyo, dans une interview au New York Times.

Mais qu'a donc cette Turritopsis nutricula, méduse des mer des Caraïbes pas plus grande que 5 millimètres ? En fait, elle est la seule forme de vie multicellulaire qui ne meurt pas une fois la maturité atteinte. Au contraire, elle rajeunit. Même tuée violemment, elle se régénère. Il ne lui faut qu'une cellule pour se reformer entièrement. Cependant, elle n'est pas à l'abri des maladies et on ne sait pas encore si elle maîtrise son processus de rajeunissement ou si celui-ci est déclenché par un élément extérieur.

Des organes résistant même au cancer

Le docteur Kubota aurait trouvé la clé de ce processus dans les tentacules de la Turritopsis nutricula. Selon lui, il faudra dix à vingt ans pour comprendre son fonctionnement et, enfin, l'appliquer à l'homme.

Les scientifiques s'accordent sur un point : la Turritopsis nutricula peut être très bénéfique pour l'homme. "Ces cellules se trouvent également dans notre corps, mais elles sont dormantes quand nous en avons besoin, nous explique le docteur Matthias Obst, biologiste à l'université de Göteborg (Suède) qui a étudié cette méduse. Maintenant, il faut trouver le gène qui active la protéine qui régénère." Outre le rêve de la fontaine de jouvence, cette découverte pourrait rendre les organes humains plus forts, voire résistants au cancer. "Le potentiel pour prolonger la vie de nos tissus cellulaires, même de les rendre immortels, est énorme. On parle en centaines d'années", s'enthousiasme Matthias Obst.

Immortel ennui ?

Si cette découverte nous apporte l'immortalité, d'autres problèmes surviendront. "La surpopulation ne sera pas, à mon avis, un énorme souci, soutient le docteur Stuart Armstrong, du British Future of Humanity Institute (institut britannique pour le futur de l'humanité). S'il n'y a plus de vieillesse, des ajustements se feront naturellement. Nous serons tous égaux dans des sociétés similaires. Le seul vrai souci, c'est de ne plus rêver d'immortalité. La vie sera moins excitante."