"En début de semaine, lundi ou mardi", voilà quand devrait être entendu Bernard Tapie par la police dans l'enquête sur l'arbitrage dont il a bénéficié dans son litige avec le Crédit Lyonnais concernant la revente d'Adidas en 1994. L'Agence France-Presse (AFP) révèle l'information ce vendredi de source proche de l'enquête. Contacté par l'AFP, l'ancien président de l'Olympique de Marseille a indiqué ne pas avoir reçu de convocation quand son avocat, Me Maurice Lantourne, a de son côté fait savoir qu'il n'était pas "au courant".

Déjà trois mises en examen

En juillet 2008, un tribunal arbitral avait octroyé à Bernard Tapie la coquette somme de 403 millions d'euros, dont 45 pour préjudice moral, dans le cadre d'un arbitrage que des juges soupçonnent d'avoir été faussé. L'enquête en cours a déjà conduit aux mises en examen successives pour "escroquerie en bande organisée" de Jean-François Rocchi, ancien patron du Consortium de réalisation, Stéphane Richard, PDG d'Orange et ex-directeur de cabinet de l'ancienne ministre de l'Economie Christine Lagarde, et Pierre Estoup, l'un des trois juges du tribunal arbitral.

Le dossier, devenu au fil du temps et des rebondissements un véritable feuilleton, est loin d'être clos alors que des éléments laissent penser que Bernard Tapie aurait pu bénéficier de soutiens de longue date, qu'il s'agisse de Pierre Estoup dès 1998 ou de Nicolas Sarkozy dès 2004. Interrogé par la brigade financière durant 48 heures, Stéphane Richard a récemment assuré que l'arbitrage avait été décidé directement à l'Elysée, sous la houlette de Claude Guéant alors Secrétaire général et de son adjoint François Pérol, lors d'une réunion tenue à l'été 2007. Personnage central de cette affaire, Claude Guéant devrait prochainement lui aussi être convoqué par les enquêteurs, qui ont déjà perquisitionné son cabinet et son domicile.