Mardi, le gouverneur de la province argentine de Chubut, Martin Buzzi, subira une rhinoscopie et une prise de sang. L'élu, un allié de la présidente Cristina Kirchner (gauche), montrera ainsi l'exemple, trois jours après avoir promulgué un décret invitant les fonctionnaires locaux à se soumettre à ces examens médicaux pour déceler une éventuelle consommation de drogue.

Basés sur le volontariat, ces tests seront dans les faits obligatoires. Martin Buzzi a en effet annoncé que ceux qui refuseront de les passer "devront prendre un autre chemin" que celui de l'administration. Ils concerneront dans un premier temps les employés de l'Exécutif local et devraient être rapidement être étendus aux employés des deux autres pouvoirs - judiciaire et législatif - , selon le souhait formulé par l'administrateur.

Le poids de l'Eglise

Cette mesure suscite une polémique dans un pays où la consommation de drogue n'est pas pénalisée. Pour Martin Buzzi, ce décret "correspond à la lutte contre le narcotrafic que nous sommes en train de mener. Si la consommation n'est pas pénalisée, nous, fonctionnaires, avons l'obligation de prendre position. Nous prenons des décisions, signons des résolutions, travaillons pour les gens. Et cela exige une responsabilité", assure le gouverneur dans des propos relayés par La Nacion. Pour l'homme politique de 46 ans, "celui qui se drogue se lie à l'illégalité. Il faut montrer l'exemple et dire clairement de quel côté nous sommes."

Au-delà des polémiques, cette résolution rappelle toute l'influence de l'Eglise en Argentine. L'institution religieuse s'est récemment émue publiquement de la progression du narcotrafic et du manque de réponses de l'Etat face à ce phénomène. Dans la foulée, la Cour suprême a exigé du gouvernement la prise de "mesures urgentes". C'est chose faite dans le Chubut, une province en Patagonie où les fonctionnaires dont les tests seront positifs verront "leur chemin vers la désintoxication facilité", a annoncé Martin Buzzi.... depuis l'évêché de la ville de Comodoro Rivadavia.