Le PS flirte avec la zone rouge à l'Assemblée. Après l'élimination de son candidat dès le premier tour dimanche lors de la législative partielle du Lot-et-Garonne, sur les terres du déchu Jérôme Cahuzac, c'est l'heure des calculs au sein du parti de François Hollande. Et ils sont serrés : le groupe ne compte désormais plus que 292 membres et apparentés dans l'hémicycle. C'est seulement trois sièges de plus que la barre fatidique de la majorité absolue, qui permet d'avoir les coudées franches pour réformer.

Au total, le parti a perdu cinq sièges ces derniers mois : celui que détenait Jérôme Cahuzac, mais aussi les deux cédés à l'UMP et à l'UDI il y a une semaine lors de partielles des Français de l'étranger. En novembre, c'est dans l'Hérault que les socialistes avaient été défaits. Les affaires leur ont également coûté une voix au Palais Bourbon, la députée des Bouches-du-Rhône Sylvie Andrieux ayant rejoint les non-inscrits après sa condamnation, dont elle a fait appel, pour détournement de fonds publics.

Attention aux démissions

Le PS peut aujourd'hui souffler en se disant qu'il n'y aura désormais plus de nouvelles partielles pour cause d'annulation de scrutin, le Conseil constitutionnel ayant bouclé l'examen de tous les recours déposés après les législatives de l'an dernier. Mais il devra prendre garde aux démissions de députés pour cause de nouveau scandale ou de cumul de mandat après les municipales de 2014.

Quoi qu'il en soit, la situation de l'exécutif, qui doit déjà composer avec les alliés radicaux et Verts, pourrait devenir inconfortable à l'Assemblée. Plus que jamais, il lui faudra tenir ses troupes. Les trois députés MRC (chevènementistes) l'ont illustré la semaine dernière en soulignant qu'ils étaient désormais les "charnières" du groupe de la majorité, avant d'espérer bénéficier désormais d'"un peu plus d'attention" des socialistes.