Non Vladimir Poutine n'a pas fléchi sa position. En annonçant, vouloir des ''preuves convaincantes'' quant à l'usage d'armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad, le président russe conserve la ligne qui est la sienne. ''A partir du moment, où des preuves seront amenées par les experts des Nations unies et qu'elles seront jugées convaincantes, il pourra y avoir un changement. C'est la position russe depuis le début'', rappelle Philippe Migault, spécialiste de la Russie. Une position que Poutine souligne lorsqu'il affirme qu'il ne prendra pas en compte les éléments basés ''sur des rumeurs ou des informations reçues par les services secrets au cours d'écoutes ou de discussions''.

Dans son interview, accordée à la chaîne Pervyi Kanal, le maître du Kremlin a une nouvelle fois rappelé la nécessité de passer devant l'ONU, considérant que tout autre procédé serait ''une agression''. Et si le chef d'Etat russe se dit prêt à ''agir le plus résolument et le plus sérieusement possible'', ses propos sont, là encore, à prendre avec des pincettes. ''Si Poutine coopère, cela veut dire qu'il autorisera quelques frappes ciblées. Mais ça n'affaiblira pas Bachar el-Assad et ne renversera pas le rapport de force. Tout n'est que de la gesticulation armée''.

L'ONU, gage d'impartialité

A la veille du sommet du G20 de Saint-Pétersbourg, les Etats-Unis se sont dits prêts, par la voix de leur chef de la diplomatie John Kerry, à mettre leurs preuves à disposition de l'hôte du sommet, Vladimir Poutine. Elles devraient être observées avec attention mais ne seront certainement pas validées hors du contexte onusien, gage pour le leader russe d'impartialité et d'indépendance.

La confirmation, dans ce même entretien, de l'arrêt des livraisons de missiles sol-air S300 à la Syrie ne semble pas non plus un signe de recul. Ces systèmes de défense antiaérienne et antimissile perfectionnés, capables de détecter toute activité à 150 km de distance, et à 27 km d'altitude, ne concerne que les attaques par avion. Or, les frappes occidentales devraient être lancées depuis des ''navires'', rappelle Philippe Migault.