Semaine décisive pour Barack Obama. Le président américain entre dans sa dernière ligne droite à partir de lundi : outre l'opinion, il lui faudra en effet convaincre les élus du Congrès de lui donner le feu vert pour une intervention militaire en Syrie. Pour emporter ce pari risqué, le président a mobilisé toutes ses forces, dont une arme qu'il manie bien : la communication.

L'agenda de la semaine est réglé au millimètre. Dès ce lundi, pas moins de six interviews ont été calées avec les grandes chaînes américaines, qui diffusent déjà en boucle des images de victimes d'une attaque chimique à Damas, le 21 août. L'objectif : justifier à l'opinion publique la décision de frapper la Syrie, alors qu'entre 50% et 60 % des Américains s'opposent encore à une intervention, selon les derniers sondages. Un grand tour de chauffe avant son discours officiel prévu mardi, depuis la Maison-Blanche.

Le Congrès au centre de tous les regards

Sa stratégie, Barack Obama en a déjà donné un aperçu lors du sommet du G20 le weekend dernier. D'abord, en rassurant l'opinion : "la Syrie ne sera pas l'Irak, ou l'Afghanistan", a martelé le Président, insistant sur le fait qu'il n'enverra pas de "troupes au sol" et que l'opération sera "limitée" et "proportionnelle". Ensuite, en agitant le chiffon rouge de la menace Iranienne. En résumé : ne pas agir, ce serait donner au pays le signal qu'il peut poursuivre sa course au nucléaire. "Notre inaction lui donnerait certainement la possibilité au mieux de se tromper sur nos intentions, quand ce ne serait pas de les mettre à l'épreuve", a prévenu le secrétaire d'Etat, John Kerry.

Lundi marque aussi la rentrée les élus du Congrès, au Sénat et à la Chambre des représentants, qui vont entamer leurs débats sur une intervention en Syrie. L'enjeu est de taille. Après avoir été lâché par son allié britannique, Barack Obama a en effet conditionné une opération militaire à l'approbation des élus, loin d'être tous acquis à sa cause. Un scrutin qui sera aussi suivi de très près de l'autre côté de l'Atlantique : François Hollande, qui a d'ores et déjà promis de ne pas intervenir seul, ne pourra pas lancer l'offensive sans l'appui de son allié américain.

Les préparatifs militaires s'accélèrent

Barack Obama, qui s'est dit "confiant", devrait parvenir à obtenir suffisamment de soutien au Sénat, contrôlé par les démocrates. La Commission des Affaires étrangères a d'ailleurs adopté mercredi une résolution autorisant une action militaire américaine limitée contre la Syrie. Un texte qui doit encore passer l'étape du vote, en fin de semaine.

Mais la véritable épreuve pour le président consistera à obtenir le soutien de la Chambre des représentants, dominée cette fois par les républicains. La plupart sont encore hostiles à une intervention, même si Barack Obama a engrangé mardi dernier le soutien clé de son principal adversaire politique, le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner. Le verdict des deux chambres devrait donc tomber en fin de semaine, tout comme le rapport des inspecteurs de l'ONU sur l'usage d'armes chimiques par Damas, également très attendu par les Occidentaux, dont la France.

Tandis que le président occupe le terrain politique, son bras armé, le Pentagone, accélère les préparatifs militaires. Selon le Los Angeles Times, il préparerait en coulisses des frappes plus longues et plus intenses qu'initialement prévue, pendant trois jours. Les stratèges américains optent ainsi pour un barrage massif de tirs de missiles, suivi de frappes supplémentaires contre les cibles manquées, selon les responsables cités par le quotidien.