"On n'arrivera jamais à éradiquer le risque de squale", assurait lundi le préfet de La Réunion Jean-Luc Marx. Trois jours après le drame qui a coûté la vie à une adolescente de 15 ans, le préfet a néanmoins décidé de faire un geste en tuant un requin de plus de trois mètres dans la baie de Saint-Paul, à proximité du lieu de l'attaque de lundi.

Le squale est une "femelle requin bouledogue de plus de 3 mètres", qui a été pêchée "à proximité du lieu où a eu lieu l'attaque du 15 juillet", a indiqué la préfecture. La prise doit désormais être autopsiée par un médecin légiste pour savoir si ce requin est bien celui qui a tué la jeune fille, dont les obsèques doivent se dérouler ce jeudi à Saint-Denis.

La population de requins ne diminue pas

Le préfet a rappelé qu'à la suite de cette attaque un arrêté a été pris "autorisant la pêche du requin suspecté d'en être responsable". Une décision conforme au protocole mis en place le 13 mai dernier, après l'attaque fatale à un surfeur en voyage de noces sur l'île, le 8 mai. Arrêté par le Comité opérationnel de réduction du risque requin, il prévoit des opérations localisées de pêche au requin pendant plusieurs jours dans la zone où s'est produite l'attaque.

Depuis lundi, quatre bateaux avaient été mobilisés pour traquer le requin tueur. La femelle bouledogue a été capturée à environ 200 mètres du rivage, par une dizaine de mètres de fond, par l'équipage du Wayan, un des bateaux régulièrement affrété par l'Etat pour les prélèvements de requin, selon son capitaine Thierry Gazzo. L'an dernier, les autorités avaient déjà ordonné la capture d'une vingtaine de squales.

Il y a quelques semaines, le préfet a également lancé une chasse contre deux requins aperçus au large d'une plage de Saint-Gilles. Pour autant, la population des requins près des côtes n'a pas diminué. Le 5 juillet, la préfecture a lancé un appel à la vigilance : 8 observations de squales ont été faites à Saint-Gilles, contre 2 à 3 en moyenne par mois.