Derrière ce visage juvénile, un poseur de bombes présumé. Djokhar Tsarnaev va faire sa première apparition publique depuis le drame, ce mercredi, devant le tribunal fédéral de Boston. Du haut de ses 19 ans, cet Américain d'origine tchétchène a, avec son frère aîné Tamerlan, frappé l'Amérique au cœur. Marathon de Boston, 15 avril 2013 : deux explosions, trois morts, 264 blessés.

Tamerlan Tsarnaev, 26 ans, sera tué trois jours plus tard lors d'un échange de tirs avec la police. Peu avant, les deux frères avaient fait leur quatrième victime, un officier, à qui ils avaient tenté de voler l'arme. La cavale de Djokhar va, elle, se poursuivre jusqu'au soir du 19 avril où il est repéré, caché dans un bateau entreposé au fond d'un jardin de Watertown. Sur l'une des parois intérieures, les enquêteurs retrouveront un semblant de revendications écrit de sa main : "Le gouvernement américain tue nos civils innocents. Je ne peux pas supporter de voir ce mal rester impuni. Quand vous attaquez un musulman, vous vous en prenez à tous les musulmans".

Un jeune ordinaire

Ce mercredi, la juge Marianne Bowler devrait signifier à Djokhar Tsarnaev les 30 chefs d'accusation retenus contre lui, parmi lesquels "utilisation d'une arme de destruction massive". Durant cette audience, il devra plaider coupable ou non coupable. Difficile de prédire ce que ce jeune à la personnalité complexe dira. Si son frère semblait montrer des signes de radicalisation, lui était au contraire bien intégré. Djokhar Tsarnaev, naturalisé américain en 2012, menait une vie tranquille d'étudiant sur le campus de l'université du Massachusetts à Dartmouth. Comme beaucoup de jeunes de son âge, il fréquentait la salle de sports, faisait la fête, buvait, fumait... Loin de l'image de l'extrémiste confectionnant des bombes artisanales dans des cocottes-minute. Djokhar Tsarnaev a trompé son monde.

Dans cette coque de bateau, il a griffonné qu'il n'était "pas endeuillé" par la mort de son frère, parti en "martyr pour le paradis". Il disait vouloir le "rejoindre très prochainement". Un testament avant l'heure. S'il risque la peine de mort, Djokhar Tsarnaev devra d'abord répondre de ses actes devant la justice américaine.