Trente chefs d'accusation, dont 17 passibles de la peine de mort, et sept réponses identiques : "non coupable". Voilà ce qu'a plaidé Djokhar Tsarnaev, mercredi à l'occasion de sa première audience devant le tribunal fédéral de Boston. L'adolescent de 19 ans d'origine tchétchène, naturalisé Américain en 2012, est accusé du double attentat à la bombe perpétrée en marge du marathon de la capitale du Massachusetts, le 15 avril dernier, qui avait coûté la vie à 3 personnes et fait 264 blessés.

Tenue en présence de nombreuses familles de victime, l'audience, dite d'"arraignment", a duré sept minutes, le temps pour Djokhar Tsarnaev de se faire signifier les chefs d'accusation retenus contre lui et d'enregistrer sa déclaration de "non coupable". La première étape d'un long processus judiciaire, le procès du jeune islamiste n'étant pas attendu avant plusieurs mois.

Djokhar Tsarnaev avait été arrêté le 19 avril, grièvement blessé et caché dans un bateau entreposé dans un jardin. Sur une paroi de l'embarcation, celui qui vivait dans la région de Boston depuis dix ans et semblait y être bien intégré avait justifié son terrible geste : "Le gouvernement américain tue nos civils innocents. Je ne peux pas supporter de voir ce mal rester impuni. Nous, musulmans, sommes un seul corps, vous faites du mal à l'un de nous, vous nous faites du mal à tous. Je n'aime pas tuer des civils innocents. L'islam l'interdit (...) mais arrêtez de tuer nos innocents et nous arrêterons".

Son frère aîné, Tamerlan, 26 ans, avait lui été tué le 18 avril lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, quelques heures après que la police eut diffusé leurs photos.