Après la neutralisation des deux suspects de l'attentat de Boston, voici le temps des questions. "Beaucoup restent sans réponse", a constaté ce week-end Barack Obama, après la capture vendredi soir de Djokhar Tsarnaev, dont le frère Tamerlan avait été tué la nuit précédente. En attendant que le jeune homme, grièvement blessé, soit en mesure d'être interrogé, Metro fait le point sur les zones d'ombre de l'affaire.

Quel était le mobile ?

"Pourquoi de jeunes hommes qui ont grandi et étudié ici parmi nous, dans notre pays, ont recours à une telle violence?", s'est interrogé Barack Obama. Les motivations de Tamerlan Tsarnaev et de son cadet Djokhar, 26 et 19 ans, restent en effet floues. Musulmans et originaires de Tchétchénie, les deux immigrants seraient arrivés comme réfugiés avec leur famille à Cambridge, dans la banlieue de Boston, il y a une dizaine d'années. Le FBI a indiqué qu'il avait interrogé l'aîné en 2011, "à la demande d'un gouvernement étranger" (la Russie selon le New York Times). Mais le dossier avait été classé, aucune trace d'activité terroriste n'ayant été trouvée.

Ont-ils agi seuls ?

L'autre grande question est celle d'une éventuelle complicité dont auraient bénéficié les deux frères, aux Etats-Unis ou ailleurs. Rien ne permet de l'indiquer pour le moment. "D'après l'état de mes connaissances à l'heure où je vous parle, ils ont agi ensemble et seuls", a assuré sur CNN un responsable de la police locale. Dimanche, les rebelles du Caucase du Nord russe, où la famille Tsarnaev aurait un temps séjourné, ont de leur côté nié toute implication dans l'attentat, appelant les médias américains à "mettre fin aux spéculations".

Quels seront les droits du suspect ?

Selon plusieurs médias américains, le FBI pourrait invoquer dans un premier temps "l'exception de sécurité publique" pour tirer le maximum d'informations de Djokhar Tsarnaev lors de son interrogatoire : cette mesure signifie que le jeune homme ne bénéficierait pas des droits "Miranda", qui prévoient qu'il peut garder le silence et doit être informé qu'il peut être assisté d'un avocat pendant les interrogatoires.

Quelle était la nature des explosifs ?

Les enquêteurs cherchent par ailleurs à en savoir plus sur le mode opératoire qui a fait trois morts lors de l'attentat de Boston. Samedi, Interpol a lancé une alerte sur les caractéristiques des explosifs utilisés - des cocottes-minute chargées de clous et de billes. L'organisation de coopération policière internationale veut notamment vérifier auprès de ses 190 pays membres si des engins similaires ont déjà été utilisés.