L'enquête avait vu juste. Les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), groupe radical proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a revendiqué jeudi l'attentat sanglant qui a frappé la capitale turque Ankara, dimanche, faisant 35 morts et plus de 120 blessés.

"Le 13 mars au soir, une attaque suicide a été menée à 18h45 dans les rues de la capitale de la République turque fasciste. Nous revendiquons cette attaque", écrit le mouvement TAK dans une déclaration publiée sur son site internet. Une revendication accompagnée d'une photo de l'auteure de l'attentat-suicide, confirmant ainsi l'identité de la kamikaze donnée dès mardi par les enquêteurs, à savoir Seher Cagla Demir, alias Doga Jiyan, une jeune femme de 24 ans.

Un groupe classé sur la liste des organisations terroristes

Selon le ministère turc de l'Intérieur, cette femme a été entraînée en Syrie par les Unités de protection du peuple (YPG), bras armé du principal parti kurde de Syrie, que la Turquie considère comme un mouvement "terroriste".

Auteur d'attaques particulièrement meurtrières contre "la République turque fasciste", comme il la décrivait dans la revendication de l'attentat du 17 février qu'il a diffusé après l'attentat contre un convoi militaire à Ankara, le groupe armé TAK est classé sur la liste des organisations terroristes par la Turquie, mais aussi les États-Unis et l'Union européenne.

"Faux-nez de la rébellion"

Fondé au milieu des années 2000, ce mouvement apparemment dissident du PKK, s'est notamment fait connaître en perpétrant des attentats contre des sites touristiques en Turquie. Si le PKK dément tout lien avec les TAK, les autorités les considèrent comme un faux-nez de la rébellion, utilisé lorsque des civils sont visés.

Les récents attentats perpétrés par les rebelles kurdes interviennent dans le contexte de la relance du conflit kurde l'été dernier sur fond de lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie, également auteur de récents attentats en Turquie. Un conflit suspendu depuis les discussions de paix engagées en 2012 avec les représentants du PKK.

"Il y aura des combats partout"

Dans un entretien au Times britannique accordé avant l'attentat d'Ankara, le chef du PKK Cemil Bayik a confirmé le durcissement de la rébellion. "Il y aura des combats partout", a-t-il prévenu, "notre peuple a soif de vengeance".

Les TAK ont justifié l'attentat de dimanche comme une riposte aux opérations menées par l'armée et la police turques dans plusieurs villes du sud-est à majorité kurde de la Turquie où ils avaient déclaré "l'autonomie". Ces interventions se sont soldées par la mort de dizaines de civils. "Cette action a été menée pour venger les 300 Kurdes tués à Cizre et nos civils blessés", écrivent les TAK, qui ont présenté des "excuses pour les pertes civiles qui n'ont rien à voir avec la sale guerre menée par l'Etat fasciste turc".

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