Beyrouth frappé au cœur. Un attentat à la voiture piégée a été perpétré vendredi dans le centre-ville de la capitale libanaise. La puissante explosion, qui a dévasté une dizaine d’immeubles, a fait au moins cinq morts et une cinquantaine de blessés, selon l'Agence nationale d'information (ANI). Parmi les victimes se trouve Mohammad Chatah, proche conseiller de l'ex-Premier ministre libanais Saad Hariri. Cet ex-ministre des Finances est le chef de la coalition hostile au régime syrien. Ce vendredi matin, Mohammad Chatah se rendait justement à la résidence de Saad Hariri pour participer à une réunion de la coalition dite du "14-mars" qui soutient l'opposition syrienne contre le régime de Bachar al-Assad.

Considéré comme le représentant politique de Saad Hariri - qui a quitté le Liban en 2011 suite à la chute de son gouvernement -, Mohamed Chatah avait envoyé un tweet juste avant l'explosion dans lequel il accusait le Hezbollah de "s'accaparer les mêmes pouvoirs en matière de sécurité et de politique étrangère que ceux qu'a exercés la Syrie au Liban pendant 15 ans".

Série d'attentats au Liban

Cet attentat intervient après plusieurs autres perpétrés ces dernières semaines. Le 19 novembre dernier, l'ambassade d'Iran à Beyrouth a ainsi été visée par un double attentat qui a fait 25 morts. Plus récemment, début décembre, c'est un chef militaire chiite, Hassan al-Laqqis, qui combattait en Syrie aux côtés du régime de Damas, qui a été abattu près de son domicile à l'est de Beyrouth. Il y a dix jours, c'est une position du Hezbollah qui était victime d'un attentat dans un village de l'est du pays.

Outre le contexte du conflit syrien, qui exacerbe les tensions au Liban, l'attentat qui a coûté la vie à Mohammad Chatah s'est produit 20 jours avant le début du procès des responsables présumés de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, en 2005, qui a plongé le Liban dans la tourmente.