[Mise à jour lundi 28 mars : le parquet fédéral a indiqué à metronews que Fayçal Cheffou n'était pas le troisième homme du commando de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem. Il reste néanmoins inculpé jusqu'à la fin de l'enquête, a-t-on précisé de même source.] 

Il a été inculpé pour activités terroristes, assassinats et tentative d’assassinats terroristes. Fayçal Cheffou est-il l’"homme au chapeau" qui accompagnait les deux kamikazes de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem -  Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui filmés mardi par les caméras de vidéosurveillance ? L’individu non identifié au chapeau sombre et à la veste claire a "déposé un grand sac" qui contenait "la charge explosive la plus importante" avant de quitter les lieux, avait indiqué le procureur fédéral.

Selon la presse belge, il pourrait s’agir de Fayçal Cheffou, premier homme à être directement mis en examen dans l’enquête sur les attentats de Bruxelles. Il a été interpellé jeudi devant le parquet fédéral par les unités spéciales de la police. Le journal Le Soir assure qu’il a été formellement reconnu lors d’une confrontation visuelle par le chauffeur de taxi qui avait pris en charge le trio terroriste mardi matin à Scharbeek. Un témoignage important de la part de ce chauffeur qui avait alerté les autorités peu après les attaques sur les trois clients au comportement suspect. Les enquêteurs avaient alors pu remonter jusqu'à la planque des terroristes dans laquelle avaient été découverts 15 kilos de TATP. Des analyses ADN sont attendues pour confirmer ou non cette identification.

"Nerveux et parano"

Le journal Het Nieuwsbald fait de son côté état de la présence du suspect près de la station Maelbeek juste après l’attentat. Il aurait été repéré par un policier qui l’avait arrêté alors que le bourgmestre lui avait signifié une mesure d’éloignement du parc Maximilien où campent de nombreux réfugiés syriens et irakiens. Selon le maire de Bruxelles, Yves Mayeur, Fayçal Cheffou aurait tenté d'y recruter des candidats au djihad sous couvert de mission humanitaire. Samad, qui avait côtoyé le suspect alors qu’il faisait partie de la plate-forme citoyenne venant en aide aux migrants, se souvient d’un homme nerveux et paranoïaque. A la radio belge RTL, il explique : "Dans tout le parc, tout le monde savait qu’il y avait un problème entre Fayçal et la plate-forme citoyenne. Ils disaient qu’ils étaient des collabos avec l’office des étrangers, qu’ils avaient un contact direct avec la police. C’était quelqu’un de parano."

Sur Internet, Fayçal Cheffou se présente comme un "journaliste indépendant" dans une vidéo mise en ligne 2014 et intitulée "Les musulmans privés de nourriture au centre fermé 127 bis". Micro en main devant un centre pour étrangers en situation irrégulière, le jeune homme y accuse l'administration de servir des repas en dehors des horaires permettant aux musulmans de manger pendant le ramadan. Connu de la justice selon la presse belge, Fayçal Cheffou a été inculpé de recel, association de malfaiteurs et de meurtre. La Capitale.be raconte qu’un de ses amis était tombé sur une arme chez lui, alors qu’il était absent, et l’avait pointé sur un autre ami pour plaisanter. Mais le coup était parti.

Le grand frère de Fayçal, Karim Cheffou, aurait, toujours selon les mêmes sources, été abattu à l’âge de 23 ans par la police durant son interpellation. Il était connu pour plusieurs braquages. Lors d’une perquisition menée à son domicile à Schaerbeek, les policiers avaient retrouvé une kalachnikov et un sac rempli de grenades.

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