On l’avait beaucoup entendu après les attentats de 13 novembre à Paris, mais il s’est depuis fait très discret. L’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic a fait un retour médiatique remarqué lundi 28 mars dans les colonnes du quotidien belge Le Soir. Avec une cible principale : l’état d’urgence mis en place en France depuis cinq mois.

"On tape n’importe qui, n’importe comment"

"N’imitez pas la France, l’état d’urgence c’est débile", lance-t-il ainsi après les attentats de Bruxelles, alors que François Hollande doit prochainement décider s’il convoque le Congrès pour inscrire cette mesure dans la Constitution. Selon lui, en effet, "les flopées de perquisitions administratives qui ne servent à rien, c’est très lourd, très dérogatoire à notre système, pour une efficacité très limitée." Outre cette inefficacité, Trévidic craint également que, par leur violence, ces méthodes ne poussent certains plus facilement vers le djihadisme.

"Quand vous avez des jeunes qui sont tangents, que vous défoncez leur porte à 4h du matin, que vous les assignez à résidence pendant trois mois, ce qui a pour conséquence que certains perdent leur boulot, expliquez-moi en quoi ils sont moins dangereux ensuite ?" s’interroge également auprès du Soir (lien payant)  l’ancien juge antiterroriste. "Tout homme sensé comprend qu’on attise le feu avec de telles méthodes. On tape n’importe qui, n’importe comment".

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