En Australie, la campagne électorale pour les législatives est lancée. Si le scrutin n'aura lieu qu'en septembre, les boules puantes sont déjà de sortie. Coeur de cible d'une partie de la presse et de l'opposition, la Première ministre du pays, Julie GIllard, est particulièrement attaquée.

Dernier exemple en date, un talk show sur Fairfax Radio. Lors de cette émission, l'animateur, Howard Sattler, l'interroge sans détour sur "les rumeurs" concernant l'homosexualité de son mari. "Tim est gay. Ce n'est pas moi qui le dis", lance-t-il, obligeant son invitée à se défendre sur cet aspect de sa vie privée. 

Dérapage et blague de mauvais goût

"C'est absurde", répond sans attendre la Première ministre, avant de recevoir une nouvelle charge, carrément homophobe : "D'accord, mais vous entendez bien ce qu'on dit, il doit être gay, c'est un coiffeur". L'échange, assez surréaliste, s'est encore poursuivi quelques instants. Et n'est pas resté sans suite. Howard Sattler a en effet été suspendu par sa direction, au motif que ses questions étaient "irrespectueuses et étrangères au débat politique".

Il n'empêche, il est assez frappant de constater que, depuis quelques semaines, la parole s'est libérée en Australie contre Julia Gillard. Récemment, la Première ministre travailliste, donnée battue dans les sondages, avait déjà fait l'objet d'attaques de la part de ses adversaires du Parti libéral. Lors d'un dîner à Brisbane, dans l'état du Queensland, les organisateurs avaient concocté avec un plat principal au nom déjà douteux : "la caille de Julia Gillard frite à la mode Kentucky". Et le menu de préciser, noir sur blanc :  "petits seins, énormes cuisses et une grande boite rouge". Un plat lourd, sans aucun doute.