Un rapport mené par une association d'instituts de recherche sur les changements climatiques, dont le Potsdam Institute et Ecofys, est formel : avec le démantèlement de la législation climat, notamment la suppression de la taxe carbone, les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l'Australie vont croître d'ici à 2020 de 12% au lieu de baisser de 5%, comme prévu.

Cette suppression de la taxe carbone, proposée par le nouveau Premier ministre Tony Abbott élu le 7 septembre dernier, au Parlement, "va entraîner une re-carbonisation du secteur de l'énergie, la machinerie mise en place va être démantelée, et remplacée par une politique sur le climat qui va à l'encontre de ce que dit la science", a déclaré Bill Hare, directeur du think tank Climate Analytics.

Une question brûlante pour le pays

Ce rapport publié en marge de la Conférence sur le changement climatique de Varsovie se veut alarmant, mais propose malgré tout un status quo, estimant que les mesures mises en oeuvre actuellement "sont suffisantes" pour que l'Australie atteigne son objectif de réduction d'émissions de GES de 5% d'ici 2020, par rapport à l'an 2000. La taxe carbone avait été instaurée l'an dernier par les travaillistes. Alors que ceux-ci avaient prévu de supprimer la taxe carbone en 2014 au profit d'un système d'échange de quotas d'émissions de CO2, Tony Abbott entend remplacer la taxe carbone par des incitations financières aux entreprises souhaitant améliorer leur bilan énergétique.

Le pays est le théâtre depuis plusieurs années d'une véritable fièvre minière avec la flambée des cours des matières premières due notamment à la croissance de la Chine, elle-même devenue premier plus gros pollueur de la planète, devant les États-Unis.

L'Australie rejette environ 1,5% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, mais est l'un des plus grands émetteurs par habitant.