Le professeur de sport a-t-il été dépassé par ses élèves ? Était-il en capacité d'encadrer des lycéens ? De nombreuses questions se posent après les dernières révélations autour de la personnalité de celui qui accompagnait les adolescents au moment de l'avalanche qui a coûté la vie à trois personnes, mercredi, à la station des Deux-Alpes. L'enseignant au lycée Saint-Exupéry de Lyon, placé en garde à vue jeudi pour homicides involontaires, était en effet sorti en novembre d'un séjour en hôpital psychiatrique suite à une dépression et prenait un traitement lourd à base d'antidépresseurs et de stabilisateurs d'humeur, a expliqué une source au Dauphiné Libéré.

Skieur émérite mais sans autorité

Entendu par les gendarmes au CHU de Grenoble, où il avait été transporté blessé peu après le drame, il a demandé à retourner en hôpital psychiatrique. Durant ses auditions, l'homme aurait expliqué qu'il n'avait pas regardé la météo le matin du drame alors que Météo-France annonçait un risque "marqué" d'avalanche (3 sur une échelle de 5). Au moment de s'engager sur la piste noire, fermée au public par un filet depuis le début de la saison, l'enseignant aurait estimé "qu'il pouvait y aller" et aurait expliqué "qu'il n'avait pas vu le danger". La veille, il aurait même déjà skié sur cette piste. Certains élèves qu'il accompagnait auraient alors refusé de s'y engager.

Dans Le Parisien, certains de ses anciens élèves évoquent un professeur en "manque d'autorité", le "bouc émissaire des élèves". Dès lors, certains imaginent que l'enseignement décrit comme "prudent" ait pu être débordé par son groupe. "C'était le meilleur skieur de tous les profs, c'est pour ça qu'il accompagnait le groupe le plus fort. Je n'imagine pas une seconde qu'il ait pu les entraîner sur cette piste. En revanche, je vois bien les élèves partir devant sans son accord, et lui les suivre", témoigne Lucas dans le journal.

Un suivi psychologique raté, comme pour Germanwings ?

Le procureur de la République à Grenoble a diligenté des expertises destinées à "déterminer l’état psychiatrique de ce professeur et sa capacité à encadrer un groupe". D'ores et déjà, une source citée par l'AFP évoque un scénario à la "Germanwings", faisant le parallèle avec l'état du pilote qui a entraîné dans sa mort les 150 passagers du vol Barcelone-Düsseldorf et continuait à voler malgré de graves troubles psychologiques.

Si l'état psychologique fragile de l'enseignant est avéré, la question de savoir comment la responsabilité d'un groupe d'adolescents a pu lui être confiée se posera. L'enquête pourrait alors se pencher sur les responsabilités de sa hiérarchie et de l'établissement scolaire. Lesquels, interrogés par metronews, ont refusé de commenter l'affaire.

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