C'est la question de sa capacité à encadrer un groupe qui se pose désormais. Le professeur de sport qui accompagnait les dix élèves emportés dans une avalanche mortelle aux Deux Alpes, mercredi après-midi, était en effet sorti en novembre d'un séjour en hôpital psychiatrique et suivait toujours un lourd traitement, a révélé une source proche de l'enquête à l'AFP et au Dauphiné Libéré.

L'enseignant du lycée Saint-Exupéry de Lyon, blessé dans l'avalanche qui a coûté la vie à deux lycéens et à un skieur ukrainien, était ainsi sous antidépresseurs au moment du drame et "très fragile psychologiquement". L'homme de 45 ans avait notamment été hospitalisé en structure psychiatrique plusieurs semaines pour une dépression. Une information qui a sans doute conduit Jean-Yves Coquillat, le procureur de la République de Grenoble, à diligenter des expertises destinées à "déterminer l’état psychiatrique de ce professeur et sa capacité à encadrer un groupe".

Ils avaient skié la veille sur la piste fermée

Par ailleurs, des élèves encadrés par ce même professeur avaient déjà skié la veille sur la piste noire fermée sur laquelle s'est produite l'avalanche mercredi. Des filets indiquaient pourtant la fermeture de la piste. "Ils ont enjambé le filet (...) C'est en toute connaissance de cause que le groupe s'est engagé à cet endroit et sur cette piste fermée. Il me semble quand même que si vous encadrez des jeunes, vous devez être à même de les diriger et de leur dire oui ou non", a déploré jeudi au cours d'une conférence de presse le procureur, en annonçant la garde à vue de l'enseignant pour homicides involontaires. 

Car le matin-même des faits, certains élèves avaient manifesté le désir d'aller sur cette piste noire fermée. Un des trois professeurs participant au voyage scolaire et responsable de la sortie s'était alors clairement opposé à cette idée. Mais l'après-midi du drame, il était resté à l'hôtel avec une élève blessée et un autre groupe de lycéens...

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