Jean-Marc Ayrault arrondit les angles. Projet soutenu par François Hollande pour rassurer les marchés, les euro-obligations (titres de dettes mutualisés entre les pays de la zone euro) ne sont pas pour tout de suite, selon une interview accordée par le Premier ministre français à l'hebdomadaire allemand Die Zeit.
"Je souhaite que nous parlions des eurobonds à Bruxelles comme d'une perspective. Le système de mutualisation de la dette exige une plus grande intégration politique qui est nécessaire. Cela prendra sans doute plusieurs années. Cependant, sans attendre, il faut agir", a déclaré Jean-Marc Ayrault dans cet entretien à paraître jeudi 21 juin.
Une déclaration qui devrait rassurer les dirigeants allemands opposés, aujourd'hui, à la mise en place d'un tel outil. Pour Berlin en effet, la mutualisation des dettes européennes et l'émission de titres englobant l'ensemble des 17 pays de la zone euro ne pourra intervenir qu'après un processus d'intégration politique européenne qui ne peut, notamment dans l'esprit des responsables allemands, faire l'économie d'un certain abandon de souveraineté budgétaire de la part des Etats.
Réaffirmant sa volonté de réduire les déficits et l'endettement, le chef du gouvernement français a cependant souligné une nouvelle fois la nécessite de prendre "désormais le chemin qui mène à la croissance et à l'emploi".
"Nous devons aller vers une supervision bancaire commune, avec un système européen de garantie des dépôts. Nous pouvons aussi trouver des solutions pour faciliter l'accès au financement des Etats, par exemple par des émissions à court terme ou par la proposition des Sages allemands sur le fonds d'amortissement", a également déclaré Jean-Marc Ayrault au Zeit.
Proposé en novembre dernier par les plus influents conseillers économiques du gouvernement allemand, le fonds européen d'amortissement reviendrait à mettre en place un système limité de mutualisation des dettes. Ce mécanisme prendrait en charge les dettes publiques nationales dépassant le seuil de 60% du PIB fixé par le traité de Maastricht.
















