Aucun suspense n'entourait l'élection présidentielle qui s'est tenue mercredi en Azerbaijan. Crédité de plus 80% d'intentions de vote, le président sortant Ilham Aliev n'avait pas vraiment de soucis à se faire. Et c'est bien dans un fauteuil que l'autoritaire quinquagénaire, qui a bâti son pouvoir sur la manne pétrolière de cette ex-république soviétique du Caucase, a été porté à un troisième mandat : il a recueilli près de 85% des voix, selon les résultats quasi-définitifs communiqués jeudi.

Un score attendu donc, voire même anticipé par la très officielle Commission électorale centrale. Elle a annoncé la victoire d'Ilham Aliev dès mardi, soit la veille du scrutin. Il est vrai que tout va si vite aujourd'hui avec les nouvelles technologies...

Des irrégularités dénoncées

En effet, c'est sur l'application pour smartphone, développée pour suivre l'élection, que la victoire d'Ilham Aliev a été annoncée prématurément, révèle le Washington Post. Un scrutin remporté avec 72,76% des suffrages, devant son principal adversaire Jamil Hasanli (7,4% des voix). Se rendant compte de l'énorme bourde, la Commission a rapidement réagi, corrigeant l'annonce en affirmant qu'il s'agissait d'un test basé sur les résultats du précédent scrutin de 2008. Bien tenté. Si ce n'est que le président azerbaïdjanais avait alors obtenu 87% des voix, et non 72,76%, et que les autres candidats, dont l'application donnait les résultats, étaient bien ceux engagés cette année.

"L'élection présidentielle en Azerbaïdjan a été un triomphe de la démocratie", n'a pas hésité à déclarer Ilham Aliev après le vote de mercredi. Un point de vue que ne partagent pas ces adversaires. La plupart des dix autres candidats en lice ont ainsi dénoncé des irrégularités, au même titre que la mission d'observation européenne qui a constaté d'"importants problèmes (…) à toutes les étapes de l’élection."