"Assad doit renoncer au pouvoir". Au terme d'une réunion qui s'est tenue dans l'urgence dans la nuit de dimanche à lundi à Doha (Qatar), les pays de la Ligue arabe ont pressé le président syrien, Bachar al-Assad, de "mettre fin à l'effusion de sang" en échange d'une sortie "sûre" pour lui-même et sa famille. Une offre que Damas a rejeté ce lundi.

Afin de "préserver l'unité de la Syrie" et "garantir une transition pacifique du pouvoir", le comité ministériel arabe (regroupant le Qatar, l'Arabie saoudite, le sultanat d'Oman, l'Egypte, le Soudan, l'Algérie, l'Irak et le Koweït), a exhorté le président Assad à prendre une décision "courageuse" pour sauver son pays. "Nous sommes désolés que la Ligue arabe se soit abaissée à ce niveau envers un pays membre de cette institution, a répondu ce lundi midi le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères. Cette décision revient au peuple syrien qui est le seul maître de son sort".

Préparer "le jour d'après"
Les ministres de la Ligue arabe ont également appelé l'opposition et l'Armée syrienne libre (ASL) à mettre en place un gouvernement de transition, qui devra "rassembler les forces de l'opposition en Syrie et à l'étranger. La veille, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait pressé l’opposition syrienne de "se mettre en ordre de marche". "Quelles que soient ses manœuvres, le régime de Bachar al-Assad est condamné par son propre peuple, qui fait preuve d’un grand courage. Le moment est venu de préparer la transition et le jour d’après", a ainsi affirmé le ministre.

Reste à convaincre la Russie et la Chine, alliés de Damas. Ces derniers ont déjà usé de leur veto à trois reprises pour bloquer les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU prévoyant des sanctions contre le régime syrien. Le premier ministre du Qatar et le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, ont été chargés de se rendre à Moscou et à Pékin pour exposer les conclusions de la réunion de Doha.

Urgence humanitaire
En attendant, les pays arabes vont demander une réunion extraordinaire de l'Assemblée générale de l'ONU pour la création de "zones de sécurité" et "des couloirs humanitaires" en Syrie. La Ligue arabe a d'ores et déjà décidé d'allouer une aide de 100 millions de dollars aux réfugiés syriens. A leur tour, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont plaidé ce lundi pour que l'Union européenne renforce son aide humanitaire.
Pendant ce temps, sur le terrain, les batailles pour le contrôle de Damas et d'Alep, la capitale économique du pays (au nord-ouest du pays) font rage entre unités de l'armée syrienne et groupes rebelles. Des violences qui ont causé la mort de 123 personnes dimanche.