"La dégradation de la note financière est grave", elle résulte du "manque de cohérence, de constance, de clairvoyance et de résultats" de la politique du gouvernement". Cette réaction face à la dégradation de la note française n'est pas celle de l'UMP mais bien de... François Hollande, candidat à la présidentielle, après la première sanction de Standard & Poor's en janvier 2012. La gauche s'en était alors violemment prise à Nicolas Sarkozy qui, lui, "sommait de garder le cap" et voulait rassurer les Français.

Un peu plus d'un an plus tard, voilà que la situation s'inverse. Et, sans grande surprise, chacun rentre dans son rôle. La mémoire un peu courte, la droite condamne, et la gauche rassure. On retrouve donc un Président, François Hollande, qui entend "garder son cap". Et un gouvernement qui veut rassurer. Jean-Marc Ayrault a ainsi estimé vendredi sur France Bleu que la note de la dette publique française, abaissée à "AA", restait "l'une des meilleures du monde".

Baroin et Moscovici, même combat

Comme son prédécesseur de droite François Baroin, le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici choisit lui aussi, aujourd’hui, de relativiser : "la France est et restera un pays dont le crédit est solide et qui financera sa dette avec des taux qui seront parmi les plus attractifs du monde", a martelé sur France Info. Celui-là même qui, il a un an, lançait à Nicolas Sarkozy après la perte du triple A : "Quel aveu d'échec terrible, quelle légèreté, quelle impuissance !"

Mais la gauche n'oublie pas pour autant de cibler son adversaire. La faute n'incombe pas au PS, mais bien à la droite, pour le patron du PS, Harlem Desir : "il y a aujourd'hui une situation qui est le fruit - peut-être n'avons nous pas assez insisté là-dessus -, de dix années de politique totalement irresponsable de la droite en matière de finances publiques, avec une accumulation d'endettement à laquelle nous sommes obligés de faire face depuis 18 mois", a-t-il tancé sur RFI ce vendredi.

Quand Pécresse fustigeait "l’instrumentalisation" de la situation

A droite aussi, on semble avoir vite oublié le passé. Le temps où l'UMP, par la voix de son Premier ministre François Fillon, mettait en garde "ceux qui dramatisent la situation" est bien révolu. François Hollande a transformé la France en "homme malade de l'Europe", balance ainsi l'eurodéputé UMP Philippe Juvin, dans un communiqué.

L'ancienne ministre du Budget, Valérie Pécresse, dénonçait en 2012 "l'instrumentalisation" par la gauche de la dégradation de la note française... ce qui ne l’empêche pas, ce vendredi, d'être une des premières élues de droite à réagir. "C'est un sérieux avertissement pour le gouvernement. Je crois qu'il impose aujourd'hui un changement de cap de politique économique", a-t-elle ainsi souligné sur Europe 1.

Du côté frontiste, en revanche, le discours est le même. Sans surprise, la présidente du Front national Marie le Pen fustige (à nouveau) la politique d'austérité de l'Europe et prône le retour de la monnaie nationale. La nouvelle dégradation "doit donc nous inciter à nous libérer de la pression de la finance pour retrouver des marges de manoeuvre. Ce ne sera possible que si notre pays retrouve une monnaie nationale, à l'instar de 95% des pays du monde", a-t-elle martelé dans un communiqué.

Voir aussi : Dégradation de la note : quand Hollande accusait Sarkozy