La popularité de Nicolas Sarkozy n'est pas au beau fixe. Dans le sondage Clai-metronews-LCI réalisé par OpinionWay, 63% des Français ne veulent pas le voir reprendre du service dans la vie publique. C'est le premier sondage réalisé depuis que Nicolas Sarkozy a été mis en examen cette semaine pour recel de violation du secret professionnel, corruption et trafic d'influence actifs dans l'affaire des écoutes. S'il est encore trop tôt pour mesurer l'effet de ce nouvel épisode judiciaire sur sa popularité, une autre enquête d'opinion a montré que son intervention télévisée mercredi, durant laquelle il s'est défendu et a laissé la porte ouverte à son éventuel retour, n'a pas convaincu les Français. Quelque 52% d'entre eux se déclaraient en effet sceptiques quant à ses explications sur ses ennuis judiciaires.

Au FN, beaucoup souhaitent son retour

A quatre mois du congrès de l'UMP, le retour de Nicolas Sarkozy semble donc plus compromis que jamais. Impossible, même ? Pas forcément, estime pour metronews Julien Goarant, directeur d'études chez Opinionway : "D'un point de vue électoral, la mise en examen peut s'avérer utile pour surfer sur sa propre victimisation. L'acharnement qu'il dénonce, de la part d'un gouvernement qui a un niveau de défiance élevé, peut être un levier de sympathie". In fine, cela pourrait donc lui conférer "non plus la stature d'un ancien président, mais celle d'une personnalité politique que l'on essaie d'abattre". D'un combattant, donc.

Reste à rassembler au-delà de son camp. Le candidat malheureux à sa réélection en 2012 peut en effet toujours compter sur le soutien des sympathisants de droite, qui sont 78% à désirer son retour sur le devant de la scène publique. Mais pour légitimer une possible candidature en 2017, "il lui faut reconquérir entre 15 et 20 points d'opinion", estime Julien Goarant. Pour l'heure, Nicolas Sarkozy grignote surtout sur sa droite, puisque 44% des personnes qui avaient glissé en 2012 leur bulletin dans l'urne en faveur de Marine Le Pen souhaitent le voir se présenter dans trois ans.