Pas de chance, pour les habitants de Bayonne qui avaient l'intention de se rendre, mardi après-midi, dans leur caisse d'assurance maladie (CPAM). Ces derniers ont en effet trouvé porte close, avec un simple mot indiquant sur la porte : "Fermeture exceptionnelle de votre agence à 14 heures" (au lieu de 16h30 normalement, ndlr). Mais qu'il y avait-il de si exceptionnel ce jour-là, pour justifier une telle mesure ? Un vaste ménage de printemps ? L'état d'urgence, peut-être ? Que nenni, tout simplement... un pot de départ !

France 3, qui révèle l'affaire, précise qu'il s'agissait de fêter le départ du directeur, Alain Brousse, 70 ans, en poste depuis 14 ans. A cette occasion, la CPAM a donc décidé de fermer ses permanences de Tarnos, Saint Jean de Luz et Bayonne Sainte-Croix. Seule une seule permanence est restée ouverte au public cet après-midi là, dans la commune de Saint-Palais.

150 bouteilles prévues

Plusieurs représentants syndicaux se sont dits choqués par le procédé. D'autant que la note pourrait être salée : en plus des petits fours, Corinne Loustalet, secrétaire générale de la CGT, a confié au quotidien régional Sud Ouest que "150 bouteilles" de champagne avaient été prévues pour l'occasion. "Nous ne sommes pas contre les pots de départ, bien au contraire. Mais ils doivent être réalisés pendant les horaires de fermeture, dans le restaurant d'entreprise et sur les propres deniers de celui qui l'organise", a rappelé la syndicaliste.

"Il faudra déduire ce qui a réellement été consommé pour avoir des comptes précis de ce que ça a coûté à la CPAM", a de son côté précisé le délégué CGT, Nicolas Fleurentdidier. Pour rappel, la CPAM est financée par de l'argent public. Mais dispose d'une ligne budgétaire "fêtes et réceptions" consacrée à ce genre d'évènements. Et ses agents ne sont pas des fonctionnaires mais des agents de droit privé. 

Reste que l'affaire n'a pas vraiment plu à la ministre de la Fonction publique Annick Girardin. Au micro de RTL ce vendredi, elle s'est dite choquée, même si selon elle il s'agit d'un cas "isolé", qui "part d'un bon sentiment". "Mais effectivement, ramené à l'échelle nationale, cela montre qu'il y a des choses à remettre au carré", a concédé la ministre.  "La fonction publique doit bien prendre en compte la totalité de ses missions, de ses devoirs, et être irréprochable".