Le schéma est souvent le même. Il implique généralement la personne en charge de l'enfant qui, exaspérée par les pleurs, instaure un rapport de violence par le biais d'une gifle ou d'un secouement répété. Dans ce rapport de force, le nourrisson est "vulnérable, à la merci du parent excédé", explique Anne Laurent-Vannier, chef du pôle de Rééducation et de Réadaptation de l'enfant aux Hôpitaux de Saint Maurice.
En effet, durant la première année de vie d'un enfant, l'espace situé entre le cerveau et les méninges est élargi, et les veines qui le traversent sont exposées au risque de rupture par cisaillement lors de secousses brutales, et ceci d'autant plus que la tête du nourrisson, lourde par rapport au reste du corps, est mal maintenue par des muscles cervicaux encore trop faibles.
Décès de l'enfant dans 10 à 40% des cas
Les conséquences sont graves puisque ce geste d'intolérance entraine le décès de l'enfant dans 10 à 40% des cas selon les études. Dans ¾ des cas, il laisse des séquelles irréversibles allant d'une déficience intellectuelle à des troubles comportementaux, cécité ou encore des difficultés motrices. Soutenue par la Haute Autorité de Médecine (HAS), Anne Laurent-Vannier a créé deux sites internet dans le but de prévenir les adultes, souvent inconscients de la gravité de leur geste.
"Il ne s'agit pas de les punir, mais de leur donner des conseils quand survient l'exaspération. Par exemple, lorsque l'enfant se met à pleurer, il faut le coucher sur le dos et quitter la pièce". Les sites distribuent des conseils simples mais précieux pour éviter l'irréparable". Il s'agit donc de médiatiser ce phénomène encore trop sous-estimé mais également de travailler sur la prévention des récidives car il est très important de faire un "diagnostic de secouement selon les lésions effectives et la version rapportée par l'adulte". Les personnes en charge de l'enfant violenté risquent entre 5 et 30 ans de réclusion criminelle.















