Une mauvaise blague ? L'ancien roi de Belgique, Albert II, fait parler de lui outre-Quiévrain. Après avoir abdiqué en juillet dernier pour laisser son fils Philippe monter sur le trône, l'ex-souverain n'apprécierait pas du tout d'avoir vu son train de vie considérablement diminuer. Des 11,5 millions d'euros annuels perçus durant ses deux décennies de règne, Albert II est passé à une dotation de 923 000 euros bruts par an.

La somme est coquette, mais ne serait pas du goût de son bénéficiaire. A en croire le journal Le Soir, le roi retraité "se plaint amèrement de sa dotation". Albert II "dit qu'il n'a pas été traité comme il l'espérait et que cela le met dans les difficultés", a indiqué une source anonyme citée par le quotidien. Alors même que ses quelque 700 000 euros nets, puisés dans les deniers de l'Etat, s'accompagnent d'un traitement pour le moins favorable. L'ancien monarque, dont le journal Het Nieuwsblad estimait la fortune en 2010 à un milliard d'euros, dispose en effet d'une équipe de 10 collaborateurs et de gardes du corps.

"Le XXIe siècle n'est plus le siècle des privilèges"

En coulisses, certains proches de l'ex-roi, à qui des députés flamands de l'opposition attribuent la propriété d'une villa sur la Côte d'Azur et d'un appartement à Paris et Rome, s'activent pour améliorer son sort. Ils militent notamment pour une prise en charge des dépenses d'entretien du château du Belvédère, la résidence d'Albert II à Bruxelles, ou des frais de carburant de son luxueux yacht par l'Etat.

Interrogé jeudi sur le sujet, le Premier ministre belge Elio Di Rupo, à l'origine d'une réforme ayant conduit à la baisse des dotations royales, s'est montré ferme : "Le gouvernement ne compte pas y changer une virgule". "Le XXIe siècle n’est plus le siècle des privilèges", a commenté de son côté le député socialiste Christophe Lacroix. "La monarchie doit être en phase avec la réalité et mieux mesurer les difficultés vécues par les gens de ce pays."