L'enquête sur l'affaire sensible des "biens mal acquis" se poursuit mais les protagonistes du dossier se montrent discrets. Dans le viseur des juges Roger Le Loire et René Grouman, le fils du président équato-guinéen Obiang, Teodorin Nguema Obiang Mangué, fait désormais l'objet d'un mandat d'arrêt en Europe, rapporte l'AFP, qui confirme un information du Monde.
Un mandat d'arrêt qui ne peut s'appliquer, selon l'avocat du vice-président de la Guinée-Equatoriale Me Emmanuel Marsigny, qui rappelle que "les plus hautes personnalités des Etats bénéficient d'une immunité de juridiction totale et absolue".
Deux convocations non honorées
Les juges, qui soupçonnent Teodorin Obiang de détournement de fonds publics, de blanchiment, d'abus de biens sociaux et d'abus de confiance, précise le quotidien, avaient lancé en mars une première convocation à laquelle le vice-président équato-guinéen ne s'était pas rendu, incitant les magistrats à entamer une procédure de mandat d'arrêt.
Un nouvelle fois invité, ce mercredi, à se présenter devant les juges, le fils du dirigeant de la Guinée-Equatoriale n'a pas gagné la France pour rejoindre les bureaux du pôle financier à Paris. Une convocation qui aurait abouti à la mise en examen du fils Obiang, poursuit le quotidien sur son site Internet.
"Mon client n'a jamais caché ses biens"
L'affaire des "biens mal acquis" s'intéresse au mode d'acquisition par trois chefs d'Etat africains - Omar Bongo (Gabon), aujourd'hui décédé, Denis Sassou-Nguesso (Congo) et Teodoro Obiang Nguema (Guinée-Equatoriale) - et certains de leurs proches d'importants patrimoines sur le territoire français sous la forme de comptes bancaires, de biens immobiliers ou encore de voitures de luxe. Après une série de blocages, ce dossier parvient finalement à être instruit après une décision de la Cour de cassation en 2010.
"Mon client n'a jamais caché ses biens aux autorités françaises. Il n'y a pas d'argent qui provient de paradis fiscaux", défend Me Marsigny, qui conteste notamment les soupçons de "détournement de fonds publics" qui pèsent sur son client, "un chef d'accusation qui n'existe tout simplement pas en Guinée-Equatoriale", fait-il remarquer.















