L'aménagement des peines de prison, sous le feu des projecteurs avec la réforme pénale de Christiane Taubira, est plus que jamais d'actualité. Deux jours après qu'un bijoutier de Nice a abattu un braqueur qui venait de le voler, aidé d'un complice, des questions se posent quant au profil de la victime. Ce jeune homme de 18 ans prénommé Antony, qui "rêvait de devenir jardinier après avoir arrêté sa scolarité en 3e", selon Nice Matin, a été condamné à quatorze reprises par la justice pour des vols, des violences et des infractions routières. Le Point précise que treize de ces condamnations l'ont été par le tribunal des mineurs.

Aménagement des peines

Selon l'hebdomadaire, "le jeune homme aurait effectué son dernier séjour en prison à Grasse entre les mois d'octobre 2011 et d'août 2013, avant de bénéficier d'un placement sous bracelet électronique. Une surveillance qui a pris fin moins de quinze jours avant le braquage dans lequel le jeune homme a perdu la vie". Interrogé par Le Point, un haut fonctionnaire estime que "ce parcours criminel démontre bien l'inefficacité des mesures de placement sous surveillance électronique et des mesures de suivi pour les multirécidivistes".

Y'a t-il eu une faute d'inattention de la part de la justice ? L'enquête devra lever le voile sur les failles du suivi judiciaire, à l'heure où la ministre de la justice tente de convaincre avec sa réforme pénale qui se veut la lutte contre le "tout carcéral". Une réforme qui prévoit notamment de revenir sur la possibilité d'aménagement de peines allant jusqu'à deux ans de prison ferme pour un primo-délinquant et un an pour un récidiviste, en proposant l'aménagement pour des condamnations inférieures respectivement à un an ou six mois.