Une mobilisation modeste. Sur l'ensemble du territoire, 324 cortèges syndicaux ont rassemblé mercredi 97.300 personnes, dont 16.300 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. La place Beauvau a fait état de 3.100 participants à Marseille, 3.000 à Toulouse, 2.700 à Lyon, 2.500 à Grenoble et 2.200 à Strasbourg, selon les chiffres établis à 17h30.

La CGT, qui menait la mobilisation, a pour sa part estimé à 160.000 le nombre de personnes ayant répondu à son appel, avec la FSU et Solidaires.

L'an dernier, lors d'une manifestation unitaire organisée pour dire non à Nicolas Sarkozy à cinq jours du deuxième tour de la présidentielle, l'Intérieur avait dénombré 316.000 personnes à 20h00 (750.000 selon les syndicats).

Les syndicats en ordre dispersé. Sur fond de crise sociale, les syndicats étaient divisés pour cette première Fête du Travail depuis l'élection de François Hollande. La CGT avait organisé des cortèges à Paris et dans de nombreuses autres villes, tandis que la CFDT tenait meeting à Reims pour constituer un "front réformiste". Les syndicats sont en effet partagés en deux camps autour de l'accord sur la sécurisation de l'emploi : l'un emmené par la CGT, opposée au texte, l'autre par la CFDT qui l'a signé. FO, qui a rejeté l'accord, ne se veut dans aucun camp.

Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger a néanmoins réaffirmé sur iTélé que son syndicat "n'était pas fâché avec la CGT" : "Nous serons ensemble peut-être d'autres fois". Mais pour cette fois il a préféré tenir un rassemblement avec ses homologues de deux autres syndicats réformistes, Luc Bérille (Unsa) et Philippe Louis (CFTC), sur un terrain de sport de la banlieue de Reims, réunissant quelque 300 participants.

Quant au numéro un de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, il a précisé depuis Laval (Mayenne) que "FO est un syndicat réformiste mais n'accepte pas n'importe quoi. On n'est ni des béni oui-oui, ni des béni non-non". FO a rassemblé, comme tous les ans, plus de 300 militants devant le Mur des fédérés à Paris.

Jean-Luc Mélenchon : rendez-vous dimanche. De son côté, le leader du Front de gauche a défilé à Paris au côté de la CGT. Déplorant la division des syndicats, il en a tenu François Hollande, son gouvernement et le PS pour responsables : "Ce sont (les) plus grands diviseurs communs que nous ayons eu à gauche de toute l'Histoire".

Pour fédérer les forces opposées à la politique du gouvernement, Jean-Luc Mélenchon a rappelé son appel à manifester dimanche prochain, le 5 mai, à Paris, promettant à une "démonstration de force politico-sociale extrêmement forte".

Marine Le Pen en "lumière de l'espoir". Les syndicats observaient avec appréhension le défilé traditionnel du Front national en l'honneur de Jeanne d'Arc, qui n'a finalement rassemblé que 3.000 personnes, selon la police, 15.000, selon le FN (contre 10.000 l'an dernier).

Devant ses partisans réunis sur la place de l'Opéra à Paris, la présidente du FN a tenu un discours offensif. Dans une France qui s'enfoncerait dans les "ténèbres" et dans "la nuit", "dans une politique d'absurde austérité sans fin", "il faut maintenant un vrai chef, un chef qui agisse", a-t-elle lancé.

>> Notre reportage au défilé du Front national