Après s'être rendu dimanche à Bangkok, en Thaïlande, le président américain poursuit sa tournée asiatique avec une étape qui en fait jaser plus d'un. Barack Obama est arrivé ce matin en Birmanie pour y rencontrer son homologue Thein Sein. Une visite qui sonne comme un encouragement aux multiples réformes engagées par ce dernier depuis la dissolution de la junte en mars 2011.

"Les flammes fragiles du progrès que nous avons vues ne doivent pas s'éteindre, elles doivent devenir une étoile guidant le peuple de la nation", a déclaré avec emphase Obama lors de son discours à l'université de Rangoun. Mais il en a également profité pour tancer le pouvoir birman : "(...) il n'y a pas d'excuse pour la violence contre les innocents", a-t-il estimé, faisant référence aux vagues de violences dans l'ouest du pays, opposant bouddhistes de l'ethnie rakhine et musulmans.

Entretien avec Aung San Suu Kyi

Ce discours intervenait après une rencontre avec le premier ministre Thein Sein dans le bâtiment du parlement régional de Rangoun. Il s'était également entretenu auparavant avec l'opposante politique Aung San Suu Kyi. Son accession récente au statut de député marque un symbole fort dans la transition démocratique opérée par le régime.

La lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 a tenu à souligner qu'il ne fallait pas se laisser prendre par "le mirage du succès" des réformes politiques. Très prudente, elle a ajouté que "Le moment le plus difficile dans une transition est quand le succès est en vue".

44 prisonniers libérés

Peu avant la visite du président américain, la Birmanie s'est empressée de libérer 44 prisonniers politiques. Une méthode qui suscite les critiques des défenseurs des droits de l'Homme. Ils accusent le régime d'en libérer à chaque visite d'un interlocuteur important.

Ce crochet du président Obama en Birmanie marque l'aboutissement de trois ans de rapprochement politique entre les deux pays. Rapprochement qui s'est accéléré en 2012 avec la levée par les Américains de l'embargo sur les importations birmanes. Après cette visite éclair, le président américain doit se rendre lundi soir au Cambodge pour le sommet de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN).